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LaGrèce se bat pour retrouver la forme

Après une année 2004 morose, la Grèce regagne les faveurs des TO… et des voyageurs. La saison s’annoncerait sous les meilleurs auspices, si des incertitudes ne pesaient sur son secteur aérien.

Pour connaître les chiffres exacts de fréquentation de la Grèce en 2004, il faudra encore attendre quelques mois (les données 2003 ont été diffusées à la fin de l’année 2004 !), mais une chose est certaine : ils ne seront pas bons. Alors qu’en 2003, la destination avait presque franchi la barre des 14 millions de visiteurs, les responsables du tourisme grec ont d’ores et déjà anticipé une baisse de l’ordre de 5 % l’an dernier. La faute aux JO, ont expliqué les Grecs à maintes reprises.

Anna Iliokratidou, directrice de l’office de tourisme à Paris, craint pour sa part une contre-performance encore plus importante du marché français, quatrième clientèle du pays avec 715 000 visiteurs en 2003. Au printemps dernier, la presse a publié régulièrement des articles plutôt élogieux sur le lifting réussi d’Athènes. Ils n’ont été suivis d’aucun effet… Désolant, se souvient la responsable. Elle se console avec des demandes d’informations en progression de 48 % depuis quatre mois.

Privatisation mouvementée de la compagnie aérienne nationale

Les TO confirment : La Grèce a retrouvé une forme… olympique !, plaisante Claude Berthaud, qui vient de reprendre les rênes d’Air Sud. Comme ses autres confrères spécialistes (Héliades, Merîlia, STI Voyages…), il se réjouit du retour des demandes pour de beaux voyages à la carte, après des années caractérisées par une quête effrénée de petits prix, que la Grèce est bien en peine d’offrir puisqu’elle est devenue, avec le passage à l’euro, presque aussi chère que la France ou l’Italie.

De leur côté, les voyagistes généralistes (Etapes Nouvelles, Fram, Jet tours, Look Voyages…) qui avaient, pour la plupart, réduit la voilure l’an dernier, reviennent en force cette saison, avec des méthodes de plus en plus industrielles : engagements aériens et hôtels labellisés en bout de ligne. Une stratégie qui pourrait bien leur éviter les angoisses auxquelles sont actuellement confrontés les TO qui ont conçu leur offre sur des vols réguliers.

En effet, le projet de privatisation d’Olympic Airlines, la compagnie nationale, est entré dans sa phase finale et difficile, selon les termes du ministre grec des Transports. Et alors que les repreneurs potentiels (au nombre de cinq et au premier rang desquels figure Aegean Airlines) pointent de sérieux problèmes juridiques et de fonctionnement, le gouvernement indique qu’en cas d’échec, la compagnie sera dépecée. Par ailleurs, Hellas Jet, créée en 2003, accuse des pertes record. Lâchée par sa maison mère, Cyprus Airways, elle pourrait être obligée de mettre la clef sous la porte : une assemblée générale, réunie le 20 avril, devait statuer définitivement sur son sort.

Ces incertitudes pesant sur la desserte aérienne tombent mal pour la Grèce, qui investit actuellement dans une ambitieuse campagne de reconquête (Vivez votre mythe en Grèce), et qui multiplie les occasions d’évoquer le développement d’un secteur essentiel pour l’économie (18 % du PNB du pays, 800 000 emplois). Avec ce message, l’objectif clairement avoué des autorités est de promouvoir un tourisme haut de gamme, en s’appuyant notamment sur des niches de marché, comme le golf ou la plongée sous-marine. Même les archéologues grecs, réputés rigides, y ont mis du leur, autorisant par exemple la plongée avec bouteille dans certains sites délimités. Mais sans transport aérien de qualité, l’histoire est connue : point de salut !

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