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La Réunion contre le chikungunya

Pas de panique chez les clients face au virus du chikungunya. Mais le tourisme pourrait pâtir à moyen terme du battage médiatique fait autour de la venue du ministre de la Santé sur l’île.

Aucune psychose n’est à signaler chez nos clients et aucun rapatriement sanitaire n’a été demandé pour cause de chikungunya, relève la société d’assurances TMS Contact Assistance. Christian Rochette, directeur de la communication de Nouvelles Frontières (111 637 clients à la Réunion en 2004) est lui aussi formel. Nous n’avons enregistré que quelques rares reports et aucune plainte de clients revenus malades. D’ailleurs, les hôtels que nous programmons ont tous pris des mesures drastiques pour protéger leurs hôtes. Chez tous les professionnels, on parle d’une même voix : le chikungunya, maladie qui se transmet par les moustiques, n’a, pour le moment, qu’un faible impact sur le tourisme à la Réunion.

Celui qui marche courbé

Après le battage médiatique déclenché par la venue du ministre de la Santé sur l’île en début de semaine, le secteur avait pourtant tout à craindre. La note que nous a adressée l’association des tour-opérateurs nous permet de rassurer nos clients, avec des mesures préventives de bon sens, confirme Adeline Cannère chez Fram (4 500 clients), qui n’enregistre aucune annulation à ce jour. C’est seulement en début de semaine, après les informations diffusées par les médias nationaux, que quelques clients ont demandé un report, mais nous n’avons enregistré aucune annulation ni aucun souci sur place. Tout se passe comme si les élus locaux avaient joué avec le feu en surmédiatisant la situation afin de déclencher des aides de l’Etat, ironise Gérard La Rocca, PDG de Tourinter (2 650 clients).

Transmis par la piqûre d’un moustique, le virus du chikungunya (celui qui marche courbé en swahili) a touché au moins 22 000 habitants de la Réunion depuis mars 2005. Ce virus a été détecté fin 2004 aux Comores, avant de se propager. Les symptômes peuvent se manifester trois à sept jours après la piqûre et se traduisent par une forte fièvre (plus de 39°), des maux de tête, parfois des éruptions cutanées, et des douleurs vives aux articulations. Un seul moustique peut contaminer plusieurs personnes, mais le virus ne se transmet ni par contact d’une personne à l’autre, ni par contact avec les animaux domestiques.

Par ailleurs, on ne recense aucun cas mortel et les formes sévères de cette maladie sont exceptionnelles. Toutefois, elle peut gâcher les vacances. Il n’existe ni vaccin ni traitement, mis à part des anti-inflammatoires pour soulager les douleurs. Reste aux agences à informer leurs clients sur les mesures de précaution à prendre. Le moustique pique surtout en début de matinée et en fin de journée. Il convient de se protéger avec des sprays et crèmes, diffuseurs électriques, serpentins, et moustiquaires, et de porter des vêtements amples, manches et pantalons longs, de couleur claire.

L’Etat montré du doigt

L’épidémie s’est toutefois renforcée entre la fin décembre et la mi-janvier, avec 3 000 nouveaux cas recensés, selon la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales, déclenchant la colère sur place. Accusé de ne pas avoir mis en oeuvre les mesures pour démoustiquer les zones à risques, l’Etat a enfin débloqué des moyens importants. Une trentaine de professionnels de la santé sont arrivés à la Réunion pour soulager les personnels des hôpitaux débordés et 400 militaires ont été déployés pour aider à la démoustication. De quoi apaiser la population locale et rassurer les 420 000 touristes que l’île accueille chaque année. A moins que les images de ces hommes en combinaison étanche et masque à gaz n’effraient ! Il y a urgence. Car à défaut d’une éradication rapide, on peut craindre que les réservations pour les prochains mois ne ralentissent.

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