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Germain Lelarge : « Plus de 1 000 familles sont parties en vacances grâce à notre fonds »

Le fondateur de La France du Nord au Sud, désormais administrateur d’Atout France, est un entrepreneur engagé. En 2014, il a lancé le fonds « Je pars, tu pars, il part », qui permet à des familles en difficulté de partir en vacances. Il en appelle désormais à la mobilisation de toute l’industrie. Entretien.

L’Echo touristique : Pouvez-vous nous rappeler l’ambition originelle du fonds « Je pars, tu pars, il part » ?

Germain Lelarge : Lorsque j’ai créé le fonds, je dirigeais encore La France du Nord au Sud (cédée en 2017 au groupe Pierre & Vacances/Center Parcs, NDLR). Mon parcours professionnel me permettait donc d’avoir une vue d’ensemble sur le marché de l’hébergement locatif en France, et d’en devenir un spécialiste. Et le constat était évident : alors que des milliers de familles ne partaient jamais en vacances, de nombreux appartements n’étaient pas loués, y compris en haute saison. L’idée était donc de rapprocher ces fournisseurs d’hébergements et ces familles qui ne peuvent pas partir en vacances.

Comment avez-vous réussi à convaincre ces hébergeurs, qui pourraient y voir un manque à gagner ? Notamment avec la tendance de la réservation en dernière minute…

Germain Lelarge : J’ai comparé cette situation à celles des supermarchés qui – il y a quelques années encore – jetaient des denrées propres à la consommation. Désormais, ces denrées sont récupérées par des associations, qui les redistribuent. La même logique s’applique dans notre secteur. C’est un discours qui est évocateur, car je pense que les gens sont profondément altruistes. Quand vous évoluez dans le tourisme, et que vous apprenez que 40% des Français ne partent pas en vacances, vous ne pouvez pas rester insensibles. Nous nous sommes donc adressés à des structures qui ont de très grosses capacités statistiques. Ce sont des opérateurs qui savent, dès le début de saison, quelles résidences feront le plein ou pas pendant l’été. Finalement, ils ne prennent pas un risque colossal… Dès le départ, des acteurs comme Pierre & Vacances, Odalys ou encore Lagrange nous ont suivis.

Lorsque nous recevons des cartes de remerciements ou des photos de vacances, nous comprenons que notre engagement a vraiment du sens.

Quel est le bilan du fonds, quelques années après sa création ?

Germain Lelarge : Plus de mille familles sont parties en vacances grâce au travail que nous effectuons avec les associations partenaires soit, globalement, 5 000 personnes. Cet été, nous ferons partir environ 200 familles. Certaines sont déjà en vacances, d’autres déjà revenues. Lorsque nous recevons leurs cartes de remerciements ou leurs photos de vacances, nous comprenons que notre engagement a vraiment du sens. Notre action a un impact concret et positif sur la vie des gens. Partir en vacances, même une semaine, c’est important pour le développement et la réussite scolaire des enfants, c’est important pour l’harmonie des familles, le bien-être des parents.

La crise que nous traversons ne risque-t-elle pas de rendre vos démarches plus difficiles, alors même que les besoins sociaux sont sans doute plus importants ?

Germain Lelarge : Avec la crise que nous vivons, notre travail est plus important que jamais. C’est un sujet fondamental, qui doit mobiliser toute l’industrie, et même les pouvoirs publics. Nous avons un rêve, pour l’été 2022 : celui de faire partir 1 000 familles. Ça peut paraître fou, mais ça n’est pas un rêve irréalisable. Nous avons besoin de plus de partenaires, pour avoir plus d’hébergements mais aussi pour avoir davantage de moyens financiers. Le fonds est désormais bien installé, et nous pensons qu’il est temps de faire quelque chose de plus large, de plus important. Nous travaillons actuellement sur de nouveaux partenariats que nous espérons officialiser à la rentrée. Et nous invitons tous les professionnels du tourisme qui veulent se mobiliser pour cette cause à nous rejoindre. 

Aucun pouvoir public n’a souhaité s’associer à l’initiative ?

Germain Lelarge : Étonnamment, non. Pourtant, selon moi, c’est un sujet qui mériterait presque une politique nationale. Car il y a aussi une question d’intégration : la plupart des familles que nous accompagnons sont issues des quartiers en difficulté. Or il est difficile d’aimer un pays qu’on ne connaît pas, de ne pas se sentir différent quand tout le monde passe l’été ailleurs, sauf nous. Nous pensons que plus les acteurs du tourisme en France sont mobilisés, plus nos chances d’interpeller les pouvoirs publics sont importantes. Et, avec la résonnance politique qu’apporterait un soutien public, nous pourrions aller encore plus loin.

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