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Élections Umih : Brice Sannac veut davantage donner de pouvoir aux territoires

Candidat déclaré à la présidence de l’Umih, Brice Sannac est venu présenter à la presse, aux côtés de Céline Viale, candidate au poste de vice-présidente, ses mesures pour « soutenir et promouvoir le secteur ». L’élection est prévue le 13 octobre.

Conscient des « difficultés croissantes du secteur », le tandem veut porter une vision davantage tournée vers les territoires et les adhérents. « Il y a Paris, mais il y a aussi les petits départements qu’il faut accompagner », résume Brice Sannac, président de l’Umih des Pyrénées-Orientales. L’un de ses objectifs sera notamment de renforcer les moyens accordés aux structures locales, « plus de transversalité et moins de verticalité », et de développer la syndicalisation.

Aller chercher de nouveaux adhérents

Un enjeu important pour l’organisation patronale, selon Céline Viale, actuellement présidente de l’Umih Maine-et-Loire. « Sur environ 220 000 établissements au total, il y en a 35 000 adhérents chez nous et 15 000 chez les autres (organisations, comme le GNC ou le GHR). Il y a un gros réservoir à aller chercher », souligne-t-elle.

Pour Brice Sannac, 36 ans, cette ambition passe aussi par une attention accrue à l’ensemble des professionnels, quelle que soit la taille de leur établissement ou leur implantation. « Un petit restaurant en Creuse m’intéresse autant qu’un palace sur la Côte d’Azur », assure-t-il. « On ne fait pas de distinction. L’Umih, c’est tout le monde ».

Une Umih davantage tournée vers les services

À la tête du syndicat patronal, Brice Sannac souhaite également faire évoluer l’organisation vers une fédération davantage orientée vers les services aux professionnels. Parmi les pistes avancées figurent la création d’un observatoire interbranche, alimenté par différentes sources de données, afin de mieux anticiper les évolutions du secteur. Une nécessité pour disposer « d’une carte d’identité du secteur actualisée ».

Le candidat propose également la publication, tous les deux ans, d’un livre blanc, le premier dès janvier prochain, destiné à porter les propositions et les ambitions de la profession dans le débat public.

Le tandem prévoit aussi de créer une WebApp destinée à faciliter la circulation de l’information entre les territoires, l’échelon national et les adhérents. La plateforme pourrait notamment proposer des consultations, des webinaires, de la documentation et un assistant conversationnel permettant aux professionnels d’obtenir des réponses à leurs questions, notamment sur le plan juridique.

« Chaque jour, il y a 25 établissements qui ferment »

L’accent est par ailleurs mis sur l’emploi et l’attractivité des métiers. Le secteur du CHRDT (Cafés, hôtels, restaurants, discothèques, traiteurs), quatrième employeur national représentant 3,5% du PIB, souffre aujourd’hui de « quelque 200 000 emplois vacants ». « Chaque jour, il y a 25 établissements qui ferment », s’attriste Brice Sannac.

Le candidat à la présidence souhaite notamment lancer une campagne de valorisation des métiers, renforcer les liens avec les CFA et les lycées hôteliers, garantir la formation des professionnels et faciliter la fidélisation des salariés. Une vaste campagne d’image pourrait ainsi être déployée sur les réseaux sociaux. Le tandem entend également favoriser la transmission des entreprises, un enjeu important pour assurer la pérennité du tissu de cafés, hôtels et restaurants sur les territoires.

Non aux pourboires fiscalisés

Brice Sannac et Céline Viale veulent également pérenniser le dispositif d’exonération fiscale et sociale sur les pourboires, afin de « préserver et partager la création de valeur ». « Nous réclamerons notamment l’inscription de ces principes essentiels dans le droit français au travers d’une loi », affirment-ils.

Le tandem défend par ailleurs un meilleur accompagnement des saisonniers, notamment sur la question du logement. Céline Viale, présidente de l’Umih Maine-et-Loire, insiste également sur le fléau des violences qui « entachent l’image de nos métiers ». « Nous créerons une charte Qualité de vie au travail CHRDT », précise-t-elle.

Lutte contre les OTA et Airbnb

Le duo souhaite aussi renforcer le poids de l’Umih dans les instances du tourisme. Il veut poursuivre les combats engagés contre les distorsions de concurrence, notamment face aux plateformes de type Airbnb. « Nous réclamerons la publication, avant la fin de l’année, des décrets d’application manquants pour enfin rendre effective la loi Le Meur », disent-ils.

Ils veulent aussi porter une offensive contre les OTA, notamment Booking et Expedia. « Les commissions pratiquées actuellement par ces plateformes peuvent monter jusqu’à 25%. Nous accompagnerons la branche dans ses combats pour le plafonnement des commissions », promettent Brice Sannac et Céline Viale.

La création d’une nouvelle catégorie d’ERP pour les très petits hôtels, de moins de 20 chambres, figure également parmi les propositions du tandem. L’objectif est d’adapter les règles applicables à ces établissements et aux meublés de tourisme afin de mettre fin aux distorsions de concurrence.

Le tandem souhaite également mettre fin à l’utilisation du titre-restaurant comme « titre alimentation », notamment dans la grande distribution. « Nous défendrons le plafond de 25 euros réservé à la restauration et refuserons tout nouveau plafond profitant à la grande distribution. Nous porterons une proposition de loi pour mettre fin à leur usage dans la grande distribution et empêcher toute nouvelle prorogation de cette dérogation », affirment Brice Sannac et Céline Viale.

Création d’un fonds de solidarité

Autre mesure avancée : la création d’un fonds de solidarité paritaire CHRDT, destiné à aider les entreprises confrontées à des crises telles que les inondations, les tempêtes ou les canicules. « Le climat n’est plus un aléa ponctuel, c’est une donnée de nos exploitations. Il est temps de nous doter d’un outil de branche à la hauteur », indique Brice Sannac.

Le fonds, inspiré d’un dispositif déjà en vigueur dans le BTP, serait alimenté par une hausse de 0,01 point des cotisations des fonds de prévoyance opérant dans le secteur HCR, qui passeraient de 0,40 à 0,41. Cette contribution permettrait de constituer une enveloppe mobilisable rapidement lorsqu’un territoire est touché.

« L’effort est mesuré. L’impact est réel. Un exploitant dont la salle est sous l’eau ou dont la saison part en fumée doit pouvoir compter sur sa branche, pas seulement sur son assurance et sur la patience de son banquier », insiste le candidat à la présidence de l’Umih.

Le bordelais Franck Chaumès face au catalan Brice Sannac

Alors que Thierry Marx ne brigue pas un nouveau mandat, Franck Chaumès, président de l’Umih Gironde, est l’autre candidat à la présidence de la première organisation patronale du secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Face à Brice Sannac, il devra convaincre les électeurs le 13 octobre.

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