Indonésie : le trafic reprend lentement après l’éruption volcanique
Le trafic aérien reprend progressivement ce mardi dans les principaux aéroports d’Indonésie, dont celui de Jakarta, après une éruption volcanique qui a cloué au sol des centaines d’appareils. Plus de 300 000 passagers ont été touchés.
Le ciel s’éclaircit en Indonésie. Les perturbations causées par l’éruption dimanche de l’Anak Krakatau, volcan situé à 150 km de la capitale indonésienne, ont entraîné l’annulation ou le report de près de 3 000 vols. Au total, plus de 340 000 passagers ont été impactés. Ce qui en fait l’une des plus importantes perturbations du trafic aérien dans le pays ces dernières années.
Le principal aéroport du pays, Soekarno-Hatta, qui dessert la capitale, ainsi que quatre autres aéroports, ont rouvert tôt mardi après que les autorités ont débarrassé les infrastructures des cendres volcaniques. Le ministre des Transports, Dudy Purwagandhi, a prévenu qu’il faudrait du temps pour que le trafic revienne à la normale. Les autorités aéroportuaires doivent en effet s’assurer que tous les avions sont en état de voler.
Les autorités demandent « un peu de patience » aux passagers
Quelque 178 appareils se trouvaient mardi matin sur les pistes de l’aéroport Soekarno-Hatta, selon le ministre. « Nous allons exploiter ces appareils, mais avant de le faire, nous voulons nous assurer de leur navigabilité. Cela pourrait donc prendre un peu plus de temps ». Dudy Purwagandhi demande ainsi « un peu de patience aux passagers ».
Trois vols ont décollé peu après la réouverture de l’aéroport, dont deux vols commerciaux à destination de l’est de l’Indonésie. À l’aéroport de Jakarta, un homme d’affaires indonésien, Heri, devait se rendre en Égypte lundi. Mais son vol a été annulé. « Je suis soulagé » que l’aéroport ait rouvert, explique Heri qui, comme de nombreux Indonésiens, ne porte qu’un seul nom.
« Nous nous sommes précipités ici pour nous assurer de pouvoir partir aujourd’hui (mardi, ndlr) », ajoute cet homme de 52 ans. Nozomi, une touriste japonaise qui n’a donné que son prénom, a expliqué que la suspension du trafic à l’aéroport l’avait laissée « désemparée », car les autorités n’avaient pas fourni « d’informations claires ».
L’Indonésie, un archipel explosif
Situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, l’Anak Krakatau (« Enfant du Krakatoa ») connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier, au sein de la caldeira formée à la suite l’éruption de 1883 du volcan alors nommé Krakatoa. Cette catastrophe a été l’une des plus meurtrières de l’histoire, avec un bilan évalué à 35 000 morts.
Le volcan est encore entré en éruption au moins trois fois mardi matin, mais moins fortement que dimanche, selon la directrice de l’Agence de géologie, Lana Saria. Un tsunami survenu en 2018, provoqué par l’effondrement de certaines parties du même Anak Krakatau, avait fait 429 morts et entraîné le déplacement de milliers d’habitants.
L’Indonésie, un vaste archipel de 17 000 îles, est située sur la ceinture de feu du Pacifique où la rencontre de plaques continentales engendre une intense activité volcanique et sismique. En 2025, le pays a accueilli plus de 15,3 millions de visiteurs internationaux (+10,7%). Parmi eux, près de 368 000 Français (+6,2%).
