Le nouveau coup de gueule de l’Umih contre les tickets restaurants
Le syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration alerte sur un manque à gagner de 900 millions d’euros par an. Il appelle à un recentrage du dispositif.
À l’approche des élections municipales, l’Umih interpelle les futurs élus sur les déséquilibres qui affectent l’hôtellerie-restauration. Une série de douze propositions est actuellement soumise aux candidats.
Parmi les sujets qui fâchent, l’utilisation des tickets restaurants, jugée de plus en plus dévoyée. Pendant la période de pandémie, l’autorisation d’utiliser ces titres dans la grande distribution avait été présentée comme une mesure exceptionnelle, destinée à préserver le pouvoir d’achat des Français. Aujourd’hui, elle est toujours en vigueur, ce qui suscite de fortes critiques du côté de la restauration.
« On perd 900 millions d’euros par an », tempête Thierry Marx, président de l’Umih. « Les tickets restaurants continuent d’être utilisables dans des chaînes de magasins, qui vendent notamment des produits industriels tels que gâteaux et bonbons. Pour les restaurateurs, c’est un non-sens. Ces titres sont censés orienter vers le restaurant, et non vers la grande distribution », résume Franck Chaumès, président de la branche restauration.
Distinguer ticket restaurant et titre alimentation
Sans remettre en cause le soutien au pouvoir d’achat, l’Umih plaide pour une clarification du dispositif. L’organisation propose notamment de distinguer clairement restauration et alimentation, via la création d’un titre dédié aux achats alimentaires, afin de préserver la vocation initiale du titre-restaurant.
Le débat porte aussi sur la fiscalité. Les restaurateurs dénoncent une distorsion de concurrence liée à la TVA appliquée sur certains produits de la grande distribution, notamment les sandwichs industriels ou les plats à emporter conditionnés. La TVA à 5,5% (contre 10% pour les repas sur place) sur ces produits, alors qu’ils contiennent de nombreux ingrédients, est pointée comme une concurrence déloyale envers les artisans, qui sont privés d’une partie de leur clientèle.
« Environ 25 établissements ferment chaque jour »
La situation se traduit, selon les professionnels, par une réalité inquiétante. Le secteur de la restauration connaît un taux important de fermetures. « Aujourd’hui, environ 25 établissements ferment chaque jour. Dans le même temps, le secteur voit naître de nouveaux points de vente « restaurants », mais plutôt sous la forme de chaînes et de restauration industrialisée », confie Franck Chaumès.
À l’horizon 10 à 15 ans, certains restaurateurs s’interrogent également sur l’avenir de la gastronomie française si le secteur ne bénéficie pas d’un soutien plus ciblé. Ils appellent à une réflexion sur la manière de défendre la restauration. Pour eux, la question des tickets restaurants est un enjeu central pour la survie des établissements et la préservation d’un modèle culturel et économique.