Déposé à l’Assemblée nationale par le député et conseiller régional Paul Molac (Liot), l’amendement propose la création d’une taxe additionnelle de 200% à la taxe de séjour actuelle dans les quatre départements bretons. Concrètement, comme le rapporte API News, filiale de Ouest France, la contribution passerait de 0,90 euros à 2,70 euros pour une nuitée dans un hôtel deux étoiles à 50 euros. La Région Bretagne souhaite s’inspirer de la mesure adoptée à Paris il y a trois ans. A cette époque une taxe additionnelle avait été instaurée pour soutenir le financement des transports régionaux en vue des Jeux olympiques. « L’objectif n’est pas d’imposer une taxe de plus. Il s'agit d’offrir aux collectivités le droit de disposer d’un panel d’outils adaptés à sa réalité, à son économie et à ses priorités. Tout comme les communes le demandent pour réguler le logement, notamment sur nos côtes », explique le député Molac.
"Incompréhensible et dangereux"
La réaction des hôteliers bretons ne s’est pas fait attendre. Dans un message posté sur Linkedin, Anthony Rambaud, gérant du restaurant La Duchesse Anne à Saint-Malo, et président de l’Umih Bretagne, qualifie cette hausse envisagée de 200% « d’incompréhensible et dangereuse ». « Les touristes ne doivent pas financer la mobilité régionale. La taxe de séjour a été créée pour soutenir le développement touristique local, pas pour combler d’autres budgets publics », écrit-il. Pour lui, « détourner la taxe de son objectif initial, c’est affaiblir la confiance des visiteurs et fragiliser un secteur déjà sous tension ». Le représentant de la profession rappelle que « l’hôtellerie-restauration bretonne, ce sont des milliers d’emplois et un pilier de l’économie locale ». Selon Anthony Rambaud, « une telle hausse pèserait lourdement sur les établissements et sur le pouvoir d’achat des voyageurs, risquant de détourner la fréquentation vers d’autres destinations ». Les organisations professionnelles affirment n’avoir pas été consultées. « Il y a un an, la Région nous avait interrogés sur une éventuelle hausse de la taxe de séjour. Nous nous y étions opposés. Sur le fond comme sur la forme, on se sent trahis par nos élus », déplore un hôtelier dans Ouest-France.


