Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

A Chartres, l’intelligence artificielle fait parler les vitraux de la cathédrale

Une application dopée à l’intelligence artificielle donne vie aux célèbres vitraux de la cathédrale de Chartres et permet au public de découvrir leurs secrets avec un smartphone.

A Chartres, les vitraux de la cathédrale prennent vie grâce à l’intelligence artificielle. Présentée comme « une première mondiale » par ses créateurs, une nouvelle application fait parler les vitraux de l’édifice dont la construction a commencé en 1194. « Beaucoup de visiteurs avaient déjà le réflexe de prendre en photo les vitraux, sans parvenir à comprendre le sens de ceux-ci », pointe ainsi Jean Touchard, chargé de mission projets numériques et mécénat pour le Centre international du vitrail, à la tête du projet.

Selon lui, c’est un échange entre une mère et sa fille, perdues devant l’un des vitraux, qui a permis de confirmer ce constat. « La petite a dit à sa mère « ils sont beaux tes vitraux maman… mais j’y comprends rien », se souvient-il. À présent, il suffit donc de pointer l’application vers un vitrail pour afficher la pièce en très haute définition sur l’écran du smartphone. Mais aussi pour tout connaître de ce qui est représenté.

Plus d’un million de visiteurs par an

Nous sommes parvenus à « faire parler ces pièces millénaires », parmi les plus anciennes au monde, se réjouit Jean-François Lagier, directeur du Centre international du vitrail. Chaque année, plus d’un million de visiteurs viennent admirer les 172 verrières et 2 600m² de vitraux de la cathédrale de Chartres, chef-d’œuvre de l’art gothique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Cette première version de l’application, fruit de plusieurs années de travail, doit permettre de découvrir l’histoire de 50 premières pièces, en détournant des algorithmes issus de la reconnaissance faciale. « Les voitures autonomes reconnaissent les panneaux. Nous avons transposé cette logique aux vitraux » et « à leur luminosité changeante au fil de la journée, de la météo et des saisons », décrit Jean Touchard.

7 ans d’archivage

Un long travail d’archivage et de photographies a aussi été réalisé pour nourrir la base de données, conformément aux contraintes patrimoniales qui rendent impossible l’accrochage de tout dispositif informatif aux murs, comme des QR codes par exemple. « Pendant sept ans, 3 000 photos ont été prises pour nourrir la technologie de 10 000 médaillons et 20 000 détails iconographiques ». De quoi créer une véritable « encyclopédie de poche », assure Jean-François Lagier.

Il a fallu écrire les descriptions, nombreuses et variées, des figures représentées, mais aussi des significations souvent diverses des couleurs choisies. Les descriptions écrites mises ensemble représentent 1,4 million de signes, rien que pour cette première version de l’application.

« Si cela fonctionne à Chartres, pourquoi pas ailleurs ?

« Les vitraux ne sont pas la Bible des pauvres. Même au Moyen-âge, il fallait des clés de lecture pour les vitraux », explique Félicité Schuler-Lagier. Guide depuis vingt ans à Chartres, c’est elle qui est à l’origine de cet immense travail de rédaction. « Les couleurs, les gestes, la longueur des vêtements, tout a un sens. L’application et la technologie aident à décoder un langage oublié », poursuit-elle.

Le projet, disponible gratuitement sur les boutiques d’applications, a été financé quasi intégralement par le mécénat. Pour un budget global de 270 000 euros. Un montant modeste donc pour cette innovation, qui veut aller au-delà de la simple visite augmentée. Elle tend à offrir un outil pédagogique, y compris pour les guides eux-mêmes, et surtout à destination des plus jeunes.

« Quand on leur explique, ils sont fascinés par exemple par les scènes mettant en scène le diable ou les animaux. Il suffit de leur donner les clés », insiste Félicité Schuler-Lagier, évoquant « une application qui parle leur langage, l’écran ». À terme, cette innovation vise à être étendue à d’autres édifices en France mais aussi à travers le monde. « Ce n’est pas de la sauvegarde du patrimoine. C’est de la médiation et de la mise en valeur », conclut Jean Touchard. « Si cela fonctionne à Chartres, pourquoi pas ailleurs ? »

À lire aussi :

- Publicité -

Laisser votre commentaire (qui sera publié après modération)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dans la même rubrique
Eventiz from Travelsoft