La candidature de Jean Castex à la SNCF validée par le Parlement : quelle sera sa feuille de route ?
L’ancien Premier ministre, puis dirigeant de la RATP, reprend les rênes de la SNCF à la suite de Jean-Pierre Farandou. Auditionné ces dernières semaines par l’Assemblée nationale et le Sénat, il y a exposé ses premiers objectifs.
Jean-Pierre Farandou avait, avant de quitter ses fonctions, adressé un conseil à son successeur : « Aimez les gens et les cheminots ». Jean Castex suivra-t-il indication ? Seul l’avenir nous le dira. Du moins, face aux parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, le 15 et le 22 octobre, l’ancien Premier ministre a présenté une feuille de route sans grande rupture, signe de continuité avec la politique de son prédécesseur.
« Les défis sont nombreux », a concédé l’ancien dirigeant de la RATP. « Il y a le fameux mur d’investissement, la montagne de l’ouverture à la concurrence, et le choc de la transition écologique. » Tant d’hyperboles qui illustrent bien l’ampleur du travail qui attend M. Castex pour les années à venir.
Rien d’inédit, pourtant, parmi les enjeux évoqués par M. Castex, qui occupaient déjà M. Farandou. L’offre, évidemment, est revenue sur la table : « Aujourd’hui, on ne peut pas prendre tout le monde dans les trains, car on manque d’offre », s’est désolé Jean Castex, indiquant qu’il souhaitait « plus de trains, et mieux de trains. »
Interrogé sur l’arrivée de la concurrence sur les lignes à grande vitesse, qui avaient obligé SNCF Voyageurs à une profonde réorganisation interne, l’ancien Premier ministre a indiqué sa volonté de « faire groupe », face à une « perte d’identité » que risque le groupe. Et insisté sur le fait que cet enjeu allait « beaucoup [le] mobiliser ». Mais de concéder que l’ouverture à la concurrence pouvait « être un avantage, afin de fournir de l’offre supplémentaire. »
« Les infrastructures sont les fondations de la maison »
Dans les mois précédant la fin de sa présidence, Jean-Pierre Farandou avait insisté sur la nécessité de trouver « 1,5 milliard d’euros annuels supplémentaires », afin de stopper le vieillissement du réseau. Un postulat partagé par son successeur, qui a rappelé devant le Sénat que « les infrastructures sont les fondations de la maison ». « Les investissements sont vertueux pour générer des économies dans l’exploitation des trains », souligne M. Castex.
Le nouveau PDG a confirmé que la SNCF dégagerait 500 millions d’euros supplémentaires, via des économies internes, pour alimenter le fonds de concours à la régénération du réseau. Il lui restera donc 1 milliard à trouver. Selon l’ancien locataire de Matignon, si l’État accepte de mettre à la poche en attendant l’arrivée, en 2032, d’une contribution du secteur autoroutier, « ce ne seront pas des dépenses à fonds perdus ».
Alors que l’État annonçait il y a quelques semaines la fin des lignes de trains de nuit Paris-Vienne et Paris-Berlin, Jean Castex a répété son intérêt pour ces lignes nocturnes, dont il souhaite « améliorer au maximum la gestion et l’attractivité », malgré les problèmes de rentabilité qu’elles rencontrent.
Dialogue et écoute
Des arguments qui ont suffi à convaincre les parlementaires – la candidature de Jean Castex a été validée à 60 votes sur 83. « Aimez les gens et les cheminots » : le nouveau PDG de la SNCF suivra-t-il cette indication ? M. Castex compte en tout cas sur une méthode basée sur « le dialogue, l’écoute », avec la « communauté cheminote, les territoires. »
Il ne reste maintenant plus à Jean Castex que de voir sa candidature entérinée au Conseil des Ministres – une échéance qu’on ne croyait plus voir arriver, tant la présidence de M. Farandou avait été prolongée, à coup de reports et d’intérim. Tout en symboles, le nouveau président a indiqué que son premier déplacement se ferait sûrement sur la lignes Paris-Clermont-Nevers, qui cumule aléas, annulations et retards, par manque d’investissement chronique depuis des années.
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