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ÉDITO. J.-B. Djebarri (ex-pilote) : c’est à lui de vous faire aimer… le train

Avec son projet d’arrêté, le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebarri ne va pas se faire (que) des amis. Une belle affaire pour la SNCF…

Il ne s’agit pas d’un « chèque en blanc », avait prévenu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, en annonçant 7 milliards de prêts garantis étalés sur quatre années au maximum. En échange, Air France-KLM va réduire ses vols intérieurs de 40%, lorsqu’il existe une alternative ferroviaire à moins de 2h30. C’est une décision écologique et économique : le réseau intérieur du groupe aérien a généré 200 millions d’euros de pertes en 2019. Même si, d’après Action Climat, le scénario gouvernemental qui exclut les vols de Roissy, diminuerait de seulement 0,5% les émissions de C02 des vols au départ de France…

Quoi qu’il en soit, pas question pour le gouvernement de lâcher la compagnie nationale. La suppression de lignes aériennes intérieures en France, là où existe une alternative en train en moins de deux heures et demie, s’appliquera à toutes les compagnies et pas seulement à Air France, explique Jean-Baptiste Djebbari. Dans les cartons, « un arrêté » pour des raisons environnementales devrait faire barrage aux compagnies low cost qui voudraient en profiter pour lancer ou multiplier des liaisons intérieures, ajoute-t-il. Le secrétaire d’Etat aux Transports, pilote de ligne diplômé de l’École nationale d’aviation civile, est ainsi devenu le meilleur ambassadeur de la SNCF ! Espérons qu’il surveille, dans le même temps, l’évolution des prix. Car comme le souligne 60 millions de consommateurs, les prix déraillent déjà, un peu, beaucoup, et même parfois passionnément. La compagnie ferroviaire « se lâche » sur certaines lignes très fréquentées. Alors avec la concurrence aérienne en moins… Question : le gouvernement prévoit-il un arrêté pour éviter, cette fois, des prix exorbitants sur la SNCF ? Les habitués des « navettes ferroviaires » sauront en tout cas tirer la sonnette d’alarme, les territoires impactés aussi.

Décidément, la guerre est déclarée contre le secteur de l’aérien.

Décidément, la guerre est déclarée contre le secteur de l’aérien, pour des raisons écologiques qui sont au demeurant tout à fait audibles. L’Autriche frappe un grand coup, qui pourrait inspirer ses voisins : un prix de vente minimum des billets d’avion fixé à 40 euros aux compagnies, et une taxe sur les trajets court-courriers qui serait de 30 euros. « Il ne sera plus possible de proposer des billets dont le prix est inférieur aux taxes et aux frais réels. En Autriche en moyenne, cela veut dire à 40 euros », a indiqué la ministre de l’Environnement Leonore Gewessler (Verts). Une bonne mesure ? Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, semble le penser : « C’est assez choquant qu’on vous laisse croire qu’un Paris-Marrakech ou un Paris-Prague, ça coûte 15 euros. Ça coûte beaucoup plus que ça à la planète », a déclaré la ministre. Pas faux, même si les prix qui rapprochent les billets d’avion d’un menu MacDo ne sont souvent qu’une poignée de cerises sur un vol. Et même si « low cost » n’est pas fatalement synonyme de pertes financières. La compagnie à bas prix EasyJet a gagné 427 millions de livres sterling en 2018-2019. Plombée par une longue grève, Air France a pour sa part perdu 164M€ en 2018 (mais Air France-KLM a gagné 409M€ au global grâce aux performances de KLM).

Sur le sujet de la tarification, d’autres aberrations subsistent, sans que personne ne s’en préoccupe vraiment. Que dire de ces billets d’avion aller-retour qui coûtent moins chers que des billets aller-simple, au nom du yield management ? Un exemple, tout frais. Un vol en aller simple Bogota-Paris coûte 777 euros en juillet 2020, l’aller-retour sur la même compagnie et aux mêmes dates 695 euros. Cherchez l’erreur… La tarification aérienne, qui a de surcroît perdu le nord avec le Covid-19 (les algorithmes naviguent à vue), interroge à bien des égards.

1 commentaire
  1. Limon dit

    Cesser les vols remplaçables par le train en moins de deux heures trente sur Paris, c’est aussi permettre à d’autres compagnies majors qui ne seront pas régies par ce futur décret de venir chercher la clientèle sur les aéroports de province français en transitant par Francfort, Munich,Vienne, Zurich,Londres, Madrid, Barcelone, Istanbul, Rome,….Décidemment, la facture TGV/SNCF va être lourde pour Air France KLM et en emplois en IDF…..
    La Rigolade En Marche….

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