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Documentaire « Faut-il interdire le tourisme ? » : les pros répondent à Martin Weill

Dans son reportage « Faut-il interdire le tourisme ? » diffusé mardi soir sur TMC, le journaliste d’investigation pointe l’impact négatif du tourisme de masse pour la planète en prenant l’exemple de ces deux pays d’Asie du Sud-Est. L’image de la Thaïlande est particulièrement mise à mal.

Diffusée mardi soir en prime time sur la chaîne TMC, l’émission du bouillonnant journaliste Martin Weill avait pour titre accrocheur « Faut-il interdire le tourisme ? ». Très à charge sur l’impact environnemental des 1,4 milliard de touristes annuels, ce reportage avait pour décor la Thaïlande et le Cambodge avec, pour ce dernier, un focus sur Angkor. D’autres exemples de surtourisme ont toutefois été abordés, revenant sur les cas connus de Venise, Santorin, Dubrovnik et du Taj Mahal. Ce phénomène de concentration touristique, avec 95% des voyageurs s’agglutinant sur 5% de la planète, selon le journaliste, serait aggravé par les réseaux sociaux, Instagram en tête, chacun souhaitant poster sa photo des plus beaux sites « naturels » mondiaux. Et Martin Weill d’assurer que « 59% des 25-35 ans choisiraient leurs vacances en fonction de l’instagramabilité de la destination ».

Durant ces 88 minutes d’émission (encore disponible en replay), c’est toutefois « le pays du sourire » qui a été le plus malmené avec d’abord un long dossier sur l’exploitation d’animaux (félins, singes, éléphants) à des fins touristiques. Avec de nombreux plans de maltraitance notamment pendant le festival des éléphants de Surin. Martin Weill aborde ensuite les conséquences négatives du tourisme sur les îles Similan et Surin. Sans oublier surtout la fermeture jusqu’en 2021 de Maya Bay, la célèbre plage immortalisée dans le film éponyme avec Di Caprio, dont l’étendue de sable de 300 mètres attirait jusqu’à 5 000 touristes par jour avant sa préservation en 2018. Pour sa défense, on notera que la Thaïlande connaît une hausse continue de sa fréquentation touristique, +4,24% en 2019 avec 39,8 millions de visiteurs internationaux (dont près de 11 millions de Chinois) contre 14,15 millions il y a dix ans.

L’utilisation touristique des éléphants pointée du doigt

Les comportements excessifs de certains touristes ne pouvaient que faire réagir les réseaux sociaux. Ils ne s’en sont pas privés, avec même des appels au boycott de la Thaïlande. Asia qui réalise 4 000 clients par an sur la destination a accepté de nous apporter sa position sur les différents points soulevés dans ce reportage. Concernant l’exploitation des éléphants, ce TO souligne d’abord avoir arrêté depuis 3 ans les balades à dos d’éléphants pour ses clients en Thaïlande mais également en Indonésie (Bali) et au Cambodge. Nouvelles Frontières (TUI France) a pris des mesures similaires comme précisé dans le reportage. Martin Weill précise d’ailleurs que ces promenades sont interdites à Angkor depuis le 1er janvier 2020. « Ces éléphants sont domestiqués et ne peuvent être relâchés dans la nature où ils dépériraient, souligne Guillaume Linton, le Pdg d’Asia. Nous privilégions « l’elephant caring » où nos clients passent une journée à soigner ces pachydermes, à les nourrir avec des soigneurs et à découvrir leur mode de vie. Cela apporte un contact privilégié, beaucoup plus enrichissant, avec l’animal que de rapides promenades encadrées ». L’office national du tourisme de Thaïlande (ONTT) est particulièrement au fait de ce sujet ayant proposé récemment un voyage de presse à L’Echo Touristique sur ce thème de « l’elephant caring ». Le départ des journalistes français pour rencontrer des spécialistes thaïlandais de ce mammifère est justement prévu aujourd’hui. « Ce reportage de TMC est dur pour la Thaïlande, nous a confié Prakit Saiporn, directeur marketing de l’ONTT en France. Nous allons prendre le temps de la réflexion avant d’y répondre, au moins le temps de ce déplacement ».

« Il faut instaurer des quotas sur certains sites »

Concernant le surtourisme sur des sites asiatiques emblématiques, le phénomène pourrait se réguler mécaniquement cette année : en raison de l’épidémie de coronavirus, les autorités chinoises ont décidé d’interdire les voyages en groupe organisés à l’étranger pour le moment. La clientèle chinoise représente en effet le premier marché touristique pour les destinations d’Asie du Sud-Est. « Les prestataires touristiques locaux vont devoir réfléchir à une diversification de leurs clientèles en misant davantage sur la qualité et des marchés touristiques matures que sur le mass market », estime Guillaume Linton, qui n’est ainsi pas loin de penser que c’est le meilleur moment pour découvrir la Thaïlande, le Vietnam ou le Cambodge. « Les autorités locales doivent prendre des mesures pour protéger certains sites, notamment par des quotas », ajoute-t-il toutefois.

En lien avec ses partenaires à destination, Asia travaille déjà à la dispersion spatiale et temporelle des flux de ses clients. « Nos clients n’ont pas de plaisir à visiter des sites saturés. Afin de préserver l’expérience de voyage, Asia propose donc de visiter différemment certains sites majeurs comme Angkor, à faire découvrir des lieux moins courus comme des segments préservés de l’envahissement de la Grande Muraille de Chine ». Une démarche d’ailleurs évoquée à la fin du reportage par Martin Weill montrant que si le touriste sort des sentiers battus à Angkor, et plus particulièrement de l’enceinte d’Angkor Vat, il peut découvrir des temples vides de tout visiteurs. « C’est, enfin, le rôle de conseil et d’expertise du TO que d’inciter certaines clientèles, tels les seniors actifs, à privilégier la découverte de ces destinations en basse ou moyenne saison pour bénéficier d’une meilleure qualité de visite », conclut Guillaume Linton par ailleurs co-président de la Pacific Asia Travel Association (PATA). N’oublions pas que le tourisme contribue à 17,7% de l’économie de la Thaïlande et notamment des populations les plus démunies.

 

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