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Au Fitur, le tourisme espagnol nage entre deux eaux

Climat très mitigé la semaine dernière dans les allées de la Foire internationale du tourisme de Madrid. Le marché espagnol du voyage reste en crise, mais la forte hausse de la fréquentation internationale dans le pays a sauvé une partie de l’industrie.

Elle est la plus vaste des régions espagnoles, et l’une des plus touristiques. Alors forcément, l’Andalousie s’est offert le plus grand stand du Fitur, la Foire internationale du tourisme espagnol, qui se tenait la semaine dernière à Madrid. Un stand ? En réalité, un hall entier du centre des expositions de la capitale ibère. Mais l’image est trompeuse. L’édition 2012 du salon a été tout sauf celle de la sortie de crise. Si le nombre de pays représentés (167) est resté stable par rapport à l’an dernier, malgré quelques absences notables dont celle de la France, en revanche le nombre d’entreprises exposantes (9 500) a baissé de près d’un millier et la superficie totale commercialisée est passée de 75 000 à 65 000 m2. En cause, principalement, les restrictions budgétaires auxquelles sont soumises les régions espagnoles, qui occupent traditionnellement près de la moitié de la surface.

FORTE AUGMENTATION INTERNATIONALE

Dans les allées du salon, l’ambiance n’était donc pas vraiment à l’optimisme, et les nouvelles du début d’année n’arrangent rien. Pêle-mêle, les professionnels évoquent le plan social d’Air Europa, l’abandon du projet de baisse de la TVA pour le secteur (pourtant promesse de campagne du nouveau gouvernement) et cette interminable crise économique qui laisse les Espagnols sans le sou. Selon les associations représentatives des agences de voyages, 2011 a été dans l’ensemble aussi mauvaise, voire plus encore que l’année précédente en volume de facturation tout comme en rentabilité. « Sur le marché intérieur, ça a été notre pire année, avec une baisse de chiffre d’affaires de 30%, confirme Patricia Montero, en charge de la communication de Viajes Olympia, un TO et réceptif spécialiste de l’Espagne et de ses îles. Il y a un an, on arrivait encore à attirer la clientèle nationale par des prix très bas, mais maintenant les gens n’ont tout simplement plus d’argent. » « La demande espagnole a en moyenne diminué de 20 %, même si la situation a été meilleure pour nos hôtels situés en Espagne que pour ceux que nous exploitons à l’étranger », commente de son côté Ignasi Prosper, de la chaîne hôtelière H10. Puis il s’interrompt et finit par lâcher : « Mais vous savez, au global, 2011 n’a été une mauvaise année pour personne dans l’hôtellerie espagnole. »

Voilà bien tout le paradoxe : tandis que le marché intérieur ne parvient pas à se relever, la fréquentation internationale dans le pays a en revanche fortement augmenté l’an dernier, conséquence des révolutions arabes : + 8,1%, pour un total de 56,7 millions de visiteurs. Résultat : dans l’ensemble, l’industrie touristique espagnole a connu une année 2011 de croissance. Mais seuls ceux qui touchent la clientèle étrangère en ont profité. Les Canaries (+18,4 %) et les Baléares (+ 10,4%) sont clairement les grandes gagnantes, et pour elles, 2012 s’annonce tout aussi radieuse. À tel point que les hôteliers prévoient déjà des hausses de prix de 4 ou 5 % en 2013. Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs espagnols…

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