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Evaneos fixe des durées minimales pour les voyages en avion

Comment ralentir ? La plateforme de réceptifs Evaneos encourage les voyageurs à rester plus longtemps sur place, explique la co-directrice générale Aurélie Sandler dans une interview à L’Echo touristique.

L’Echo touristique : En 2026, Evaneos recommandera des durées minimales sur des itinéraires accessibles en avion (voire l’encadré ci-dessous). Quel est l’impact attendu, et sur quelles destinations ?

Aurélie Sandler : La mesure touche 15% de l’offre d’Evaneos, ainsi que 10% de notre chiffre d’affaires. Les ajustements de durée qui en découlent jouent beaucoup sur des destinations long-courriers comme le Japon, le Mexique, le Costa Rica et les Etats-Unis. Sont également concernés des pays très long-courriers tels l’Argentine, Singapour, la Malaisie ainsi que l’ultra long-courrier comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Par rapport aux réservations passées, les séjours sont ainsi allongés de 1,5 à 3 jours, selon les destinations. 

Donc, votre panier moyen va augmenter ?

Aurélie Sandler : Cette mesure aura effectivement un impact positif sur le panier moyen. Lorsque les voyageurs restent plus longtemps, en découle une meilleure contribution économique et également des mobilités plus douces à destination ainsi que la possibilité de découvrir des destinations en dehors des lieux incontournables. C’est à nous maintenant d’accompagner le voyageur vers des choix plus durables, et de redonner une dimension exceptionnelle au voyage lointain. Nous souhaitons donner de nouveaux repères sur la façon de voyager.

Après Fairmoove mais avant Decathlon Travel, Evaneos a supprimé en 2024 l’offre de city break de moins de cinq jours en avion. Quel a été l’impact ? 

Aurélie Sandler : L’arrêt des city breaks de moins de cinq jours était plutôt symbolique, puisque les voyageurs font rarement appel à Evaneos pour des week-ends prolongés à Madrid. Notre objectif consistait à nous positionner comme une marque d’un tourisme plus durable. Nous voulions expliquer par cette règle que partir si peu de temps dans une ville européenne représente une forme d’aberration.  Environ 75% des émissions de carbone proviennent de l’aérien. 

En 2025, vous avez annoncé l’arrêt de la commercialisation de séjours à Santorin et Mykonos l’été. Là aussi, quelles incidences sur votre activité ?

Aurélie Sandler : Il y a eu un impact sur le chiffre d’affaires puisque ces deux destinations représentaient 30% du chiffre d’affaires de la Grèce l’été chez Evaneos. En revanche, ce qui est intéressant, c’est que nous avons augmenté la part des ventes sur la Crète et la Grèce continentale. Il y a donc une redistribution des flux. La saison 2025 n’a toutefois pas été exceptionnelle sur la Grèce, notamment à cause du séisme à Santorin.

Comment s’est déroulé l’été sur l’ensemble des destinations ?

Aurélie Sandler : Il s’est bien passé, nous enregistrons une croissance de 15% en volume d’affaires sur l’ensemble de nos marchés : France, Espagne, Italie, Allemagne, en termes de départs sur l’été. Nous sommes contents, nous faisons d’ailleurs mieux que le marché, si on se réfère au baromètre Orchestra. Nous avons vu des destinations émerger comme la Norvège, l’Angleterre, l’Autriche, l’Albanie. Sur le marché français, la croissance est un peu moins forte, de l’ordre de 10%.

Pourquoi, selon vous, faites-vous mieux que le baromètre Orchestra ? Est-ce tout simplement parce que vous êtes davantage sur le sur-mesure que sur des produits packagés ?

Aurélie Sandler : Oui, effectivement, le sur-mesure résiste mieux. Notre clientèle a un pouvoir d’achat assez élevé et recherche des expériences fortes. Toutefois, nous constatons nous aussi une forme d’attentisme. C’est plus dur sur le marché français qu’en Espagne, en Italie et en Allemagne. Le contexte actuel d’incertitudes en France crée de l’attentisme.

Evaneos instaure des durées de voyage en avion

  • 7 jours de durée minimale pour les courts et moyen-courriers (moins de 5000 km), avec un objectif de 12 jours d’ici 2030
  • 10 jours pour les long-courriers (entre 5 et 11 000 km), avec un objectif de 16 jours d’ici 2030
  • 12 jours pour les très long-courriers (entre 11 et 13 000 km), avec un objectif de 19 jours d’ici 2030
  • 14 jours pour les ultra long-courriers (plus de 13 000 km), avec un objectif de 23 jours d’ici 2030.

La plateforme, qui vend des voyages sans les vols, modifiera ses itinéraires d’ici fin 2026 pour intégrer ces durées minimales.

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