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TO : y a-t-il encore des économies à faire ?

Après quatre ans de crise, les tour-opérateurs français ont déjà largement comprimé leurs coûts de structure et de fonctionnement. Mais la chasse aux dépenses n'est jamais finie. Des loyers aux frais généraux, de la masse salariale aux coûts de papier, revue de détail des principaux postes d'économies.

 

La masse salariale sous pression

 

Après le plan social de TUI France, celui de Fram est sur les rails. Autant de réductions d'effectifs (trop ?) longtemps retardées. « Il y avait un tel sureffectif chez Nouvelles Frontières que même après les départs, on ne voit pas de différence dans notre fonctionnement », commente un cadre de TUI France. Transat France a démenti tout projet de ce type, indiquant travailler seulement sur un projet « de fusion juridique » de ses entités. Mais des groupes comme Thomas Cook, mal en point, voire Kuoni, pourront-ils échapper au même sort ? Même sans licenciement, l'heure est presque partout à la compression de la masse salariale. « On ne remplace pas tous les départs, et les augmentations sont attribuées au compte-gouttes », concède par exemple Jean-Marc Naillou, directeur général de Taaj Croisières.

 

Des coupes dans les loyers

 

Direction Levallois-Perret, en banlieue parisienne, pour Nouvelles Frontières et Marmara, qui s'installeront dans le nouveau siège de TUI France le mois prochain. Un déménagement qui permet de rassembler les équipes, mais aussi de faire des économies, sur lesquelles le groupe reste discret. De même pour Fram, qui va quitter ses locaux en location du centre de Toulouse pour concentrer ses équipes dans les bureaux dont il est propriétaire, à Toulouse et à Cornebarrieu, en banlieue. Un mouvement qui doit avoir lieu « d'ici la fin de l'année », a précisé Georges Colson, président du directoire. L'an dernier, le déménagement de Beachcomber Tours, d'un quartier à l'autre de Paris, « a permis de gagner 100 m2 de surface, tout en réduisant le loyer de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur les deux premières années », se félicite Fabien Krol, directeur adjoint.

 

Des frais généraux gérés au cordeau

 

Chasser tous les frais inutiles : voilà le credo que Laurent Abitbol, DG de Marietton Investissements, compte appliquer au groupe après son rachat d'Ailleurs Voyages. « On a commencé à renégocier tous nos contrats, explique-t-il. Assurances, entretien des locaux, fournitures… : à la fin de l'année, cela représentera déjà un gain de 300 000 euros. » Un leitmotiv repris aussi par Gérard Carnot, DG du groupe Odyssée (Ultramarina, Australie à la carte, etc.) : « Pour une entreprise comme la nôtre, qui ne fait que de la vente directe, renégocier les commissions de cartes bleues peut par exemple générer des économies de plusieurs milliers d'euros par an. La remise à plat du contrat de chauffage nous a aussi fait gagner 1 000 euros. »

 

Objectif zéro papier ?

 

En 5 ans, la quantité de brochures éditées par les TO a diminué de moitié. Mais peut encore mieux faire ! Plusieurs voyagistes passent un cap cette année : Top of Travel se contente ainsi de 2 brochures papier (au lieu de 12) et met en ligne ses catalogues thématiques. Visiteurs vient d'adopter la brochure unique, pour un gain « de plusieurs dizaines de milliers d'euros », tandis que Donatello adopte pour ses 7 catalogues « un format plus compact ». Carnets de voyages dématérialisés ou transférés sur mobile (à l'instar de Voyageurs du Monde) sont d'autres pistes, tout comme la e-facturation. « Nous sommes entrés dans une procédure zéro papier », explique Godeleine Vérin, directrice générale déléguée de Top of Travel, « avec consigne d'imprimer le moins possible : ce sont autant de papier, d'encre mais aussi de frais de stockage économisés ».

 

Un marketing plus ciblé

 

Les opérations de mass marketing tous publics ne sont plus de mise. « Une newsletter adressée à quelque centaines de contacts bien identifiés est peu coûteuse mais a plus d'impact qu'une grosse opération de notoriété avec 0,3 % de retours », rappelle Murielle Barraud, de Vecteur Marketing. De même un community manager dynamique peut suppléer efficacement de très dispendieuses campagnes de communication, ce que Marmara ou Look Voyages ont bien compris. Quant au choix ou au renouvellement d'un outil de CRM, il implique un investissement élevé mais le gain est indéniable. En quatre ans, une entreprise de taille moyenne comme Taaj Croisières a ainsi réussi, grâce à ce type d'outil, à faire passer ses coûts marketing de près d'un million à 700 000 euros par an.

 

Les TO amorcent un nouveau virage, celui de la sélection.

 

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