Quand le 787 sort des entrailles de boeing
Pas de pom-pom girls ni de fanfares pour célébrer à Seattle fin septembre la livraison du pourtant très attendu Dreamliner. Avec 3 ans et demi de retard, la firme américaine a fait dans le cadré et le « low profil »…
Si le groupe de rock Nirvana et Bill Gates font l’orgueil de Seattle, la ville n’est pas peu fière d’être également la place forte du géant américain Boeing. Aussi, lorsque vous quittez l’aéroport Tacoma, vous longez bientôt l’immense usine de Renton et les pistes attenantes d’où sortiront, normalement en 2013, les 737 nouvelle génération. Mais la cathédrale de Boeing se trouve à quelques kilomètres de là, à Everett, au nord de Seattle. C’est sur ce site qui abrite le deuxième plus vaste bâtiment au monde que Boeing accouche – enfin – de son nouveau bébé, le 787 Dreamliner. Et c’est peu dire que la gestation fut longue depuis sa conception.
MONTRER PATTES BLANCHES
Pénétrer à Everett ne se fait pas sans s’être plié à quelques mesures de sécurité : vérification d’identité, inspection et reniflage des sacs par un brave chien policier se livrant à la tâche d’un air blasé. Et si l’envie de vous griller une cigarette vous venez à l’esprit, sachez qu’Everett est un site « free of tabacco ». Les rares employés fumeurs sont donc invités à quitter le « territoire Boeing » pour assouvir leur envie, une pancarte et une ligne blanche au sol les y aidant en délimitant l’espace privé. Everett n’est ni Palo Alto ni Mountain View (sièges californiens de Apple et Google), ici pas de design high-tech pour ces locaux quelque peu datés où l’on ne serait finalement pas surpris de découvrir des bons vieux computer IBM à feuilles perforées au détour d’un couloir !
NO PLASTIC !
Non, Boeing fait dans l’industriel, le carré, le solide, et ça se sent au premier coup d’oeil. Alors n’essayez pas de titiller les représentants de la marque sur l’utilisation de plastique dans le 787 car on vous recadrera direct. « No plastic, but composite material » assènent les porte-paroles Boeing aux esprits chagrins qui s’inquiètent de la conception du nouvel appareil. Une pure question de sémantique ? Pas uniquement, car il est aisé de peser l’impact du mot plastique dans l’esprit des voyageurs, alors Boeing soigne sa com’. Si la visite de l’usine reste un moment exceptionnel tant ce temple de l’aéronautique impressionne par ses dimensions, on reste perplexe sur la cadence de production. Telles des créations de haute-couture, les 787 avancent sur la chaîne d’assemblage à rythme lent. Appareils aux couleurs d’All Nippon Airways, de United Airlines, d’Ethiopian Airlines se succèdent avec des degrés divers d’achèvement. Finalement, lorsque le lendemain ANA prend livraison du premier Dreamliner, sous une pluie battante et les applaudissements des dirigeants et employés de Boeing, l’événement tient visiblement de la délivrance.
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