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Après Austral Lagons, Marietton compte racheter un autre voyagiste

Les TO maison représentent 20% des ventes de Marietton. Une part que Laurent Abitbol, président du groupe, souhaite plus que doubler à l’horizon 2024. Et ce, en rachetant un autre voyagiste, et plus si affinités.

L’Echo touristique : Vous avez signé, ce matin, le rachat d’Austral Lagons par Marietton Développement. Pour quel montant ?

Laurent Abitbol : Nous avons racheté 100% du capital d’Austral Lagons. Le montant de la transaction reste secret. Nous l’annoncerons peut-être plus tard. Pour le réseau Havas Voyages par exemple, nous avons déboursé une somme de l’ordre de 40 millions d’euros par exemple. Comme tous les patrons des entreprises que je rachète, Hélion de Villeneuve (fondateur d’Austral Lagons, NDLR) réinvestit entre 25% et 30% du montant de la vente dans Marietton. Il est très motivé, c’est super.

Quels changements sont à prévoir ?

Laurent Abitbol : Aucun changement, puisqu’Austral Lagons fonctionne très bien. Nous allons apporter à Hélion la force de nos réseaux de distribution. Nous pouvons aussi l’aider à investir dans les nouvelles technologies et dans de nouvelles destinations.

Souvent, le marché dit que les TO du groupe Marietton sont privilégiés dans ses 450 agences. Qu’en est-il ?

Laurent Abitbol : C’est une logique économique. C’est pareil chez Fram et Salaün. Dans le même esprit, Carrefour ne va pas acheter du fromage chez Auchan. Nous privilégions les TO maison. Mais chez Marietton, nous vendons aussi d’autres fournisseurs que les nôtres.

Vous avez aujourd’hui Austral, Voyamar, Solea, Héliades. Quelle est la part de ces TO maison dans les ventes globales ?

Laurent Abitbol : C’était environ 20%, avant le Covid. Je souhaite que cette part augmente à 50%, dans les 2 à 3 ans à venir. Il faut que nous allions chercher d’autres tour-opérateurs. Le but du groupe Marietton, c’est de spécialiser en parallèle les agences de voyages Havas Voyages. C’est le grand projet de son directeur général Christophe Jacquet, que j’approuve. Nos agences (maison) doivent devenir des spécialistes, avec d’éventuelles visioconférences entre l’agence qui réalise la vente et l’agence qui connaît très bien la destination choisie par le client. Ça, c’est pour nos agences Havas. Pour les agences Selectour, David Bernin, le patron des agences Ailleurs Voyages Selectour chez Marietton, garde sa façon de faire.

Je reviens sur votre objectif de 50% de ventes grâce aux TO maison. Comment accélérer aussi vite ?

Laurent Abitbol : Pour cela, nous devons racheter un TO, mais je tairai son nom.

Un ou plusieurs TO ?

Laurent Abitbol : Nous sommes sur des réflexions. Le Covid-19 me fait ralentir. D’ailleurs, nous devions acheter Austral Lagons avant la crise sanitaire.

Vous dîtes que vous avez dans l’immédiat le projet d’un TO. TUI France ?

Laurent Abitbol : Tout est possible. Nous avons arrêté les discussions avec TUI France, en très bon accord, suite au Covid.

Quel est le profil idéal du ou des TO qu’il manque à Marietton ?

Laurent Abitbol : Il nous manque des TO spécialistes.

Donc, vous voulez bien racheter DES TO…

Laurent Abitbol : Nous sommes en plein Covid. Les budgets que j’avais avant sont ralentis, parce que nous préservons notre cash. Mais la suite de notre stratégie sera dévoilée dans quelques mois. Beaucoup de TO sont à vendre. D’ailleurs, tout est à vendre quand un acheteur met le prix. Même nous, si on nous en donne un bon prix ! Avec Certarès, nous parlons des chiffres et d’acquisitions tous les mois.

Marietton est propriétaire de 450 agences. Est-ce assez, ou trop ?

Laurent Abitbol : En février, nous avons racheté une dizaine d’agences Selectour et Havas Voyages franchisées qui sont devenues des intégrées. Notre objectif est d’avoir un réseau complet, de qualité, avec un concept qui donner envie de pousser la porte du point de vente. Aujourd’hui, certaines agences Selectour et Havas sont en vente. Chaque fois, nous nous positionnons. Nous ne souhaitons pas tout racheter, nous saisissons des opportunités. Nous disposons de 455 agences intégrées. Sans compter les agences de Bleu Voyages dont nous détenons 42,5% du capital. Il nous manque aujourd’hui une vraie présence dans une quinzaine de villes.

La crise dure et frappe de plein fouet l’industrie du voyage depuis un an. Quel est l’impact financier sur le groupe Marietton ?

Laurent Abitbol : Marietton a perdu en 2020 près de 17 millions d’euros en 2020, alors que nous avons gagné 27 millions d’euros en 2019. La boîte est solide. Depuis la création il y a plus de 50 ans, nous n’avons jamais pris de dividendes. Notre trésorerie est saine, elle atteint environ 100 millions d’euros hors PGE. Par sécurité, nous avons contracté deux PGE, pour 60 millions d’euros au total. Le premier prêt de 30 millions est déjà confirmé, le deuxième est en cours. Nous avons agi très vite face à la crise, en prenant les mesures qui s’imposent.

Quelles sont ces mesures économiques ?

Laurent Abitbol : Nous avons revu nos loyers, nos déplacements… tous nos coûts, ligne par ligne. Du fait de la crise économique, nous avons eu des départs volontaires et involontaires. Pour nous protéger, nous avons réorganisé le groupe, par le regroupement de services ou de plateaux. Nous n’avons pas le choix. Depuis le début de l’année 2021, le voyage d’affaires recule de 80%. Le tourisme, de 92%.

Quelles sont les perspectives sur le printemps et l’été ?

Laurent Abitbol : Le printemps est plié. Nous allons sans doute… vivoter cet été. Sauf si le gouvernement délivre un signal fort, comme au Royaume-Uni qui a donné une date probable de réouverture (des frontières) le 17 mai. La grande reprise est plutôt attendue en octobre ou novembre. En attendant, nous remboursons les clients qui le demandent. Notre taux d’à-valoir est bien plus faible qu’il y a un an, dans nos caisses. Je pense ainsi rassurer l’APST, LOL. Nous serons à zéro d’acomptes d’ici le mois de septembre.

L’Etat prend en charge les charges fixes dans certaines conditions. Un grand soulagement pour vous j’imagine…

Laurent Abitbol : Les charges fixes représentent au moins 12 millions d’euros sur le premier semestre 2021, pour le groupe Marietton. Leur prise en charge par l’Etat nous aide beaucoup. J’en profite pour remercier l’Etat, qui a bien pris en compte les demandes de la profession. Le gouvernement indemnise aujourd’hui les petites agences à hauteur de 20% maximum de leur chiffre d’affaires passé, j’espère que le taux passera à 30%. Nous militons pour cela, pour les agences Selectour notamment.

Le secteur va progressivement basculer dans le dispositif du chômage longue durée (APLD). Allez-vous prendre l’accord de branche négocié par les Entreprises du Voyage ou comptez-vous négocier votre propre accord ?

Laurent Abitbol : Nous prendrons celui des Entreprises du Voyage, qui et très bien. Nous basculerons quand la prise en charge de l’activité partielle cessera. Aujourd’hui, les agences sont souvent ouvertes 3 à 4 fois par semaine, l’après-midi malgré la chute d’activité. Leur ouverture, c’est notre marketing.

Où en sont les négociations des contrats de référencement 2022-25 avec les TO, pour Selectour et Havas ?

Laurent Abitbol : Nous avons envoyé des lettres de tacite reconduction sur trois ans. 80% des tour-opérateurs ont dit ok. 20% n’ont pas répondu, ils ont jusqu’au 15 mars pour le faire. Mais officiellement, personne n’a refusé. Nous sommes une industrie de partenaires et d’amis. L’industrie a besoin de se voir. C’est ce que nous ferons lors de notre congrès Selectour en Tunisie en décembre.

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