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Locations entre particuliers : un enregistrement en mairie qui ne passe pas

De grandes villes vont bientôt contraindre les loueurs utilisant Airbnb et autres Abritel à se déclarer en mairie. Pour l'UNPLV, c'est une mauvaise idée, à bien des égards.

La balle est dans le camp des municipalités. Avec le décret n° 2017-678 du 28 avril 2017, les communes de plus de 200 000 habitants, et celles de la petite couronne parisienne, peuvent exiger un numéro d'enregistrement pour les meublés faisant l'objet d'une location de courte durée, afin de pouvoir vérifier qu'ils n'excèdent pas la durée limite légale de location de 120 jours par an lorsqu'il s'agit de résidences principales. Avec le cas échéant, des amendes pour les propriétaires dépassant un tel seuil. Des villes comme Paris, mais aussi Bordeaux, Nice et Strasbourg, devraient bientôt exiger l’enregistrement.

Des propriétaires risquent de jeter l’éponge

L’Union Nationale pour la Promotion de la Location de Vacances (UNPLV), qui regroupe Airbnb, HomeAway et autres Clévacances, avale doucement la pilule. "Si nous devons adopter l’enregistrement, nous le ferons", souligne Timothée de Roux, président de l’association, et DG de HomeAway/Abritel. Toutefois, ce n’est pas une bonne idée. Ce sera long, coûteux pour les petites plates-formes, contraignant pour tous, y compris les municipalités." Mais aussi dissuasif. "Certains propriétaires risquent d’avoir peur, et seront tentés d’arrêter ou de passer offline, hors de contrôle". Si le propriétaire fraude, en usurpant un numéro d’enregistrement, il sera compliqué de le repérer, estime aussi Timothée de Roux, qui aspire à une pause règlementaire. Tout en soulignant que le cadre légal se corse dans les villes, alors même que la province représenterait désormais 80% de la fréquentation des logements touristiques de particuliers proposés sur des plates-formes Internet. C'est aussi en province qu'est davantage la croissance.

Il marche pour la Confédération

Pour se faire entendre, l’UNPLV veut rejoindre la jeune Confédération des Acteurs du Tourisme. "Nous en avons fait la demande, laquelle a été a priori bien accueillie". Timothée de Roux a récemment rencontré Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, dans le but de rallier le  groupement, qui compte aujourd’hui 14 organismes professionnels représentatifs de notre secteur.

"Avec 26 millions de nuitées en 2016, la location de vacances fait partie de l’hébergement touristique. Le secteur a enregistré en France un bond de 30% en 2016, dans un contexte compliqué. Notre offre est complémentaire aux hôteliers". Des hôteliers très bien représentés dans la confédération, que Roland Héguy, patron confédéral de l’Umih, préside. Il est donc urgent de faire contrepoids…