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[Into Days] La désintermédiation, concurrence ou opportunités ?

L’explosion du tourisme, en France comme ailleurs, et l’émergence de nouveaux acteurs, redéfinissent les modèles établis depuis des décennies. Pour représenter une menace pour les acteurs traditionnels ?

« Ma vision, c’est qu’il en faut pour tous les goûts ! », lance François Bacchetta, le DG d’Easyjet en France, en évoquant la désintermédiation lors d’une table-ronde organisée lors de la 1ère édition d’Into Days, qui se tient du 29 au 31 janvier à Cannes. Il faut dire qu’Easyjet, désormais la plus grande compagnie aérienne en Europe, sait ce que bouleverser un marché veut dire.

En une vingtaine d’années, Easyjet a réussi à s’imposer sur le Vieux Continent, maillant les grandes villes d’Europe à des tarifs low cost. « Et, c’est mécanique : lorsqu’il y a une offre, les touristes viennent », estime François Bacchetta. « La Nouvelle Aquitaine a accueilli 28 millions de touristes en 2018, et l’aéroport de Bordeaux-Mérignac enregistre +40% de croissance de trafic en 5 ans », chiffre Michel Durrieu, le président de l’Office de tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Mais alors, qui profite de ces croissances du nombre d’arrivées touristiques ?

Selon certains hôteliers, c’est d’abord Airbnb et consorts. « Au Canada, c’est devenu un vrai business. 60% des revenus générés par Airbnb viennent de seulement 20% des propriétaires d’hébergement », estime Christiane Germain, co-présidente et directrice générale du groupe Germain Hôtels, qui exploite 18 boutique-hôtels au Canada. « Ils ne sont pas soumis à la même fiscalité, et c’est à cela qu’on s’oppose, pas au principe de l’hébergement locatif privé ».

Airbnb, un concurrent complémentaire

En Grèce, autre destination qui doit s’organiser pour absorber le nombre croissant de visiteurs, les acteurs de la location saisonnière obligent les hôteliers à se réinventer. « Beaucoup en ont profité pour monter en gamme, et le parc hôtelier attire désormais plus de touristes à fort pouvoir d’achat », assure Nicolas A. Vernicos, PDG de Vernicos Maritime Group. « En ce sens, Airbnb est un concurrent complémentaire. Il permet aussi d’absorber des flux de clientèle là où la capacité hôtelière n’est pas au rendez-vous ».

Un avis partagé par Michel Durrieu. « Dans certaines régions, l’hébergement locatif privé a permis de re-dynamiser les territoires. Ces hébergements répondent à l’attente d’une clientèle internationale haut de gamme, à la recherche de logements expérientiels, de nature et d’authenticité. Ce sont des clients de qualité, qui dépensent beaucoup, et qui sont en forte croissance. La désintermédiation créée de nouveaux flux. Mais il faut bien distinguer un logement réservé sur Airbnb d’un hôtel : ce n’est pas la même prestation ».

Pour cohabiter avec l’hébergement locatif privé, certains suggèrent d’être exigeants avec les opérateurs et les propriétaires. « Depuis 3 ans, la régulation a été mise en place en France. Désormais, ce sont les contrôles qui s’organisent. Et on voit déjà que dans certaines destinations, comme Paris ou Bordeaux, la capacité diminue en 2018 », détaille Michel Durrieu. « En Grèce, le seul service qu’AirBnB peut vendre, ce sont les draps », conclut Nicolas A. Vernicos.

« De toute façon, c’est obligatoire de composer avec tous les acteurs du tourisme. Il se développe en continu, dans tous les pays du monde », conclut, avec sagesse, Nicolas A. Vernicos. Tout le programme d’Into Days est disponible en ligne.

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