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L’ex-patron de Norwegian créé une nouvelle compagnie, les salariés français scandalisés

Les salariés de Norwegian craignent que la compagnie ait recours à la garantie des salaires, soit à de l’argent public, pour régler les indemnités de départ.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) s’est dit « abasourdi » mardi de la création par l’ancien patron de Norwegian d’une compagnie aérienne opérant des vols long-courriers low cost, alors que Norwegian a justement décidé de cesser son activité long courrier en janvier, laissant 286 salariés français sur le carreau.

« Sans gêne aucune, les fondateurs (de Norse Atlantic Airways) nous informent que cette nouvelle compagnie aérienne norvégienne, qui sera basée à Oslo, reprendra le business model de feu Norwegian », a dénoncé le SNPL dans un communiqué.

L’un des principaux investisseurs du projet est Bjorn Kjos, fondateur et ancien PDG de Norwegian Air Shuttle, qui a brutalement annoncé la fin de son activité long-courrier en janvier, donc la fermeture de son antenne parisienne. Elle emploie 145 pilotes, 136 personnels de cabine et cinq employés administratifs et a été placée en liquidation judiciaire le 1er mars.

Norwegian fait la morte en France

« Le SNPL n’a eu de cesse de dénoncer la manière dont le Groupe Norwegian gère, ou plutôt ne gère pas, la situation sociale en France », écrit le syndicat dans son communiqué. Les employés de Norwegian France dénoncent une liquidation opaque, gérée depuis l’Irlande où est située la filiale de Norwegian détenant la branche française, sans aucun contact avec la maison mère basée à Oslo.

Le SNPL juge « inacceptable » cette fermeture qui ne « respecte aucunement les règles du droit du travail français en matière de licenciement ».  « Comment accepter qu’une compagnie nouvelle apparaisse, d’un coup de baguette magique, sur les cendres encore chaudes de Norwegian France? », interroge le syndicat, qui dénonce l’usage d’argent public fait par la compagnie défunte, par le biais du recours au chômage partiel pendant la crise sanitaire.

Le contribuable pour payer la note ?

Les salariés de Norwegian craignent eux que le liquidateur désigné en Irlande pour solder la situation n’ait recours à la garantie des salaires (AGS), soit de l’argent public, pour régler les indemnités de départ. Jeudi, le tribunal de Bobigny a enjoint la compagnie de fournir au conseil social et économique (CSE) de la société une série de documents afin de prouver la réalité de son insolvabilité.

« On compte utiliser ce jugement pour faire en sorte que l’information consultation pour les licenciements soit faite correctement », a indiqué Damien Quéland, secrétaire du CSE. La disparition de Norwegian en France, remplacé par Norse Atlantic Airways revient à « profiter de la crise pour faire du moins-disant social, en licenciant d’un côté et en ‘offrant’, de l’autre, des conditions de travail bien moins avantageuses au personnel navigant se retrouvant sur un marché du travail plus que jamais dégradé », estime le SNPL.

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