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Les émeutes inquiètent les professionnels

Les violences dans les banlieues font les choux gras des médias étrangers. L’impact sur la fréquentation touristique pourrait bientôt se faire sentir.

Dans les banlieues, la colère gronde et les voitures brûlent depuis une quinzaine de jours. A l’étranger, ce sont les médias qui s’enflamment et font leur une (presse mais aussi journaux télévisés, à grand renfort de photos et de films chocs) sur les émeutes qui secouent la France.

Une flambée internationale qui s’étend aux ministères des Affaires étrangères (russe, britannique, australien, américain, chinois ou japonais). Tous multiplient les communiqués, déconseillant à leurs ressortissants de se rendre dans les villes touchées par les violences, d’éviter le RER reliant Paris à l’aéroport de Roissy, et d’être vigilants pour leur propre sécurité. Comme si les touristes en visite dans l’Hexagone avaient pour habitude de se rendre à la cité des 1000-1000 à Aulnay-sous-Bois (93), à celle du Mirail à Toulouse, ou encore d’être logés dans un hôtel à Grigny (95) ! En attendant, cette forte médiatisation pourrait en décourager plus d’un de faire le voyage vers la première destination touristique mondiale.

Des annulations encore marginales

Pour l’heure, Maison de la France a été contactée principalement par ses bureaux lointains (Etats-Unis, Japon, Russie et Australie), qui s’inquiétaient de la situation à Paris. Ces derniers ont été rassurés et font passer le message sur place. L’organisme chargé de la promotion de la France à l’étranger a également envoyé une newsletter aux agences de voyages étrangères, leur rappelant que seules 300 banlieues étaient concernées sur 36 000 communes, que les touristes n’étaient pas visés et que des mesures de sécurité avaient été prises (ou renforcées) par l’Etat. Toutefois, Thierry Baudier, DG de Maison de la France, estime qu’une communication de crise serait bienvenue une fois les événements terminés. Encore faut-il pour cela dégager un budget…

Sur le plan de l’hébergement, quelques hôteliers ont constaté des annulations de la part d’individuels, qui restent pour le moment marginales. De son côté, Michel Barraud, président de Paris Vision, perçoit une petite faiblesse dans la fréquentation depuis quelques jours, mais rappelle que cela coïncide avec le début de la basse saison. Il est trop tôt pour faire un lien avec les événements. Et d’ajouter que la France risque tout de même de le payer à moyen terme, en espérant que Noël et le jour de l’An seront épargnés.

Les couvre-feux décrétés par le gouvernement permettront-ils de ramener durablement le calme ? Il y a fort à parier que si les violences continuent, la France devienne zone interdite pour de nombreux touristes…