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L’édito de Dominique Gobert : tel est pris… qui croyait prendre

Quand on ne sait pas, on se tait. Mais pour certains, c’est plus fort que tout, il faut parler, quitte à raconter n’importe quoi, juste pour le besoin d’exister.

L’histoire remonte à quelques années, lors du crash de Flash Airlines à Charm el Cheikh, un vol charter affrété par Fram et Jet Tours et qui avait provoqué la mort de 134 passagers, la plupart français.

C’était en 2004. A l’époque, cette catastrophe avait suscité une vive émotion, tant de la part des autorités que de la part des voyagistes. A tel point qu’une mission d’information « pour la sécurité du transport de voyageurs » avait été instituée par l’Assemblée Nationale.

Nombre de parlementaires avaient été auditionnés, experts divers et bien sûr une « délégation importante » de professionnels du tourisme. Parmi eux, figuraient l’inénarrable Hervé Pierret, Georges Colson, Jean-Jacques Descamps, René-Marc Chikli, Jean-François Rial et Richard Vainopoulos.

Dominique Gobert, éditorialiste

Benoitement, dans cette grande « famille » du tourisme, il était légitime de penser que la solidarité allait prévaloir lors de ces auditions.

Ben non ! A tel point que le patron de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial, avait été extrêmement affligé par les propos tenus devant la Commission par cet excellent Vainopoulos.  (page 129 du rapport).

Jean-François Rial s’en était ému dans nos colonnes et je le cite : « (Richard Vainopoulos, ndDG) est un populiste et un récidiviste : après le crash de l’avion de Flash Airlines à Charm el-Cheikh co-affrété par Fram et Jet tours, Monsieur Vainopoulos avait dit en commission des lois à l’Assemblée nationale – j’étais présent – que les TO choisissaient des compagnies aériennes sur le critère du prix, quitte à minimiser leurs exigences en matière de sécurité. J’avais trouvé ses propos très peu solidaires et choquants ».

Propos qui, pour le président à vie de Tourcom, avaient provoqué une ire totalement irrationnelle. En bon « professionnel du papier bleu, selon JF Rial, l’homme avait immédiatement déclenché les hostilités, assignant Rial devant le Tribunal correctionnel pour « diffamation ».

On ne sait pas d’ailleurs si Vainopoulos a utilisé les fonds de son réseau pour rémunérer ses avocats où s’il a utilisé ses propres deniers. Mais cela ne regarde que ses adhérents.

Une grande première pour Rial, lequel n’hésite jamais à s’exprimer haut et fort… mais n’a pas l’habitude de passer devant un juge pour régler des problèmes de famille : « en 40 ans de management, c’est mon premier procès, m’a-t-il confié. Même avec mes salariés, j’ai dû avoir moins de 5 procès en 40 ans. Je déteste les pros du papier bleu » ! Et de citer cette anecdote que je prends un malin plaisir à vous narrer : « René-Marc Chikli (président du Seto) et Mumtaz Teker avaient proposé un « déjeuner de paix » que j’avais accepté. Finalement, Vainopoulos a refusé. » 

Ben, je vais vous dire : quelle honte ! C’est pitoyable dirais-je même.

Comme L’Echo touristique avait reproduit les propos de Rial, nous avons bien sûr été également assignés, en tant que diffuseurs de ses propos.

Le verdict est tombé la semaine dernière : dans leur grande sagesse, les juges ont débouté le Sieur Vainopoulos de ses prétentions.

Mais, pour cet homme de bien, pas de problème. « J’ai perdu, mais finalement, j’ai gagné, Rial ne m’embêtera plus », interprétation tout à fait personnelle de ma part mais qui n’est sûrement pas loin de la vérité. Un Vainopoulos ne perd jamais…

Tel Poutine, Richard aura montré ses muscles… conséquents. La suite, le tribunal a tranché.

Tel est pris qui croyait prendre… ou l’arroseur arrosé !

Je me marre.

 

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