Le groupe Accor vise un désendettement d’ici 2011
Accor se sépare de ses murs et de sa participation dans le groupe Lucien Barrière pour dégager du cash et préparer un avenir solide, basé sur un modèle de développement en franchise.
Accor passe au régime basse calorie. Après avoir annoncé, le 24 février, des résultats annuels en baisse, avec un chiffre d’affaires en recul de 8,5 % et une perte nette de 282 ME, le groupe accélère la mutation de son modèle, et vise un désendettement d’ici 2011. Actuellement propriétaire ou locataire de 1 600 hôtels sur 4 000, Accor compte céder les murs de 450 établissements dans les quatre ans à venir, pour un montant de 2 MdsE. Rien que pour cette année, Accor a un objectif de cessions immobilières de 450 ME, dont le quart était déjà réalisé fin février. « Le but n’est pas de vendre tous les bijoux de famille, mais de mettre en place un modèle beaucoup moins consommateur de capital, basé sur la cession des actifs non stratégiques », explique Gilles Pélisson, le président directeur général d’Accor. Pour dégager un apport de cash supplémentaire, estimé entre 500 ME et 700 ME, le groupe Accor étudie la cession de sa participation de 49 % dans le groupe Lucien Barrière « selon plusieurs scénarios, dont une introduction en Bourse », souligne Gilles Pélisson. Le développement hôtelier répond, lui aussi, à cette stratégie peu capitalistique.
DOUBLER LES FRANCHISÉS
Le groupe s’est ainsi fixé un rythme d’ouverture de 35 000 à 40 000 chambres par an d’ici 2012, pour un investissement annuel de 250 ME. À titre de comparaison, Accor a ouvert 27 000 chambres l’an dernier, pour un investissement de 452 ME. Pour y parvenir, le groupe privilégie de plus en plus un mode de développement en franchise et aspire, à terme, à un parc mondial géré à 40 % par des franchisés, contre 21 % aujourd’hui. D’ici trois ans, Accor a l’ambition de devenir le premier franchiseur européen. Par ailleurs, le groupe Accor, aujourd’hui classé cinquième hôtelier mondial, compte bien intégrer le trio de tête. Une fois désendetté (le montant de la dette s’élève, fin 2009, à 1,6 MdE), Accor pourra se tourner vers des projets de croissance externe. « La crise a laissé des concurrents en mauvaise posture que nous pourrions racheter », avance Gilles Pélisson.
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