L’Allemagne mise sur la culture
Deux ans après l’organisation de la Coupe du Monde de football, le pays séduit davantage les Français, curieux de découvrir le patrimoine culturel de ses villes. Et ses croisières sur le Rhin.
L’Allemagne est confiante. La destination suscite un peu plus d’engouement auprès des Français, alors qu’elle a longtemps souffert d’une image triste et vieillotte. Ceux-ci ont ainsi généré l’an dernier 2,3 millions de nuitées chez nos voisins germaniques, soit une augmentation de 5,7 % par rapport à 2006. En tête d’affiche : Berlin (avec 289 000 nuitées, +16,5 % en 2006), qui, depuis la chute du Mur en 1989 (dont les 20 ans seront célébrés avec faste l’année prochaine), est devenue une ville branchée, dynamique et créative. A l’image de sa capitale aux 175 musées, l’Allemagne s’affiche comme une destination culturelle… et romantique. C’est le thème choisi cette année par l’Office national allemand du Tourisme (ONAT), qui met en avant les nombreux châteaux, parcs et jardins, inscrits au patrimoine culturel mondial de l’Unesco. Beatrix Haun, qui va passer en août la main à la direction de l’office du tourisme à Paris, se souvient du développement touristique progressif du pays : D’abord en 2001, avec l’arrivée de l’euro, lorsque le pays s’est démarqué de ses concurrents européens avec son bon rapport qualité-prix. Puis, grâce à la Coupe du Monde football, organisée en 2006 et qui a redonné une image jeune à la destination. Ajoutons à cela les effets positifs de la célébration des 40 ans du traité franco-allemand en 2003, qui a permis de resserrer les liens entre les deux voisins.
Paris-Stuttgart en train : 3h40
Cette proximité géographique a du bon, mais aussi des effets pervers en termes de consommation touristique. Les Français préfèrent en effet se débrouiller seuls pour découvrir l’Allemagne. Une pratique accentuée par le développement de la desserte aérienne low cost. Au départ de Paris-Orly Sud, Easyjet propose ainsi des vols A/R vers Berlin-Schoenefeld pour moins de 70 E TTC. Du coup, à l’instar de Munich (deuxième ville la plus visitée par les Français, fête de la bière oblige), les voyagistes programment peu la capitale allemande en week-ends packagés, préférant des produits plus élaborés comme les croisières sur le Rhin. Ces navigations, proposées notamment par CroisiEurope et Viking, sont reprises en brochure par de nombreux opérateurs. L’occasion de découvrir, au fil de l’eau, des villes au riche patrimoine culturel comme Coblence et Cologne, de bifurquer vers les affluents, voire de traverser le pays pour rejoindre le Danube.
Leader sur le marché français, Nouvelles Frontières se montre néanmoins circonspect. Nous allons ajouter une page Allemagne à la carte dans le catalogue de l’hiver prochain , indique Marie-Noëlle Barraud, chef de produit Europe du TO. Nous n’avons pas beaucoup de demandes, constate pour sa part Nadège Augier, conseillère voyages, spécialiste de l’Allemagne chez Voyageurs du Monde. Pourtant, une fois que nos clients découvrent cette destination, à laquelle ils ne pensent pas en priorité, ils n’hésitent pas à y retourner, surtout à Berlin. Deutsche Bahn (DB), ancien leader, a laissé de côté son activité tour-operating en 2006, mais continue de développer la partie tourisme d’affaire, ainsi que la vente de billets de train, en partenariat avec la SNCF. Depuis le 10 juin 2007, les étonnants ICE 3 circulent à la vitesse de 320 km/heures entre la France et l’Allemagne, permettant de rallier, de puis la gare de Paris-Est, Francfort en 3 h 50 et Stuttgart en 3 h 40. Une autre bonne raison de traverser la frontière.
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