SAF : quatre géants de l’industrie s’unissent en France pour décarboner l’aviation
Technip, Airbus, Safran et Tereos s’associent pour créer Rebound, une future usine de carburants d’aviation durables (SAF) basée à Dunkerque.
Les entreprises françaises Technip Energies, Airbus, Safran et Tereos ont annoncé mardi la création d’une coentreprise. Celle-ci est destinée à développer la production de carburants d’aviation d’origine non fossile (SAF) à l’échelle industrielle à Dunkerque, dans le nord de la France.
160 000 tonnes de SAF par an
La coentreprise, baptisée Rebound, pourrait produire 160 000 tonnes par an de carburants d’aviation durables au port de Dunkerque, indiquent les entreprises dans un communiqué commun.
Il s’agirait de « l’une des plus grandes usines de ce type en Europe, renforçant la souveraineté énergétique européenne ». Elle permettrait également de soutenir « le leadership industriel français dans la transition énergétique ». « Avec cet accord, les partenaires s’engagent à financer la phase de développement du projet. Cela comprend les études d’ingénierie et les autres activités nécessaires pour considérer une décision finale d’investissement », est-il précisé.
Les entreprises ajoutent qu’« une étape décisive a déjà été franchie : le port de Dunkerque a attribué à Technip Energies un site industriel dans le nord de la France ». Une fois la coentreprise finalisée, ce site offrira à Rebound des avantages logistiques pour le transport des matières premières et des produits, ainsi qu’une procédure d’obtention des permis simplifiée.
Création finalisée fin 2026
« Le projet s’appuiera sur la technologie Alcohol-to-Jet (AtJ) », une option « adaptée et compétitive à l’échelle industrielle » : l’éthanol avancé, produit à partir de résidus agricoles et forestiers, y est converti en carburants d’aviation durables. Ces derniers peuvent ensuite être mélangés au kérosène conventionnel pour être utilisés dans les moteurs et les avions existants. La création de la coentreprise, soumise aux conditions de clôture et aux approbations d’usage, devrait être finalisée au second semestre 2026.
Dans l’Union européenne, les obligations d’incorporation de SAF augmenteront progressivement. Elles atteindront 6% d’ici 2030 et 70% d’ici 2050. Cette évolution entraînera une multiplication par huit de la demande sur cette période, soulignent les entreprises dans leur communiqué.
Production mondiale encore marginale
Les compagnies aériennes, réunies en congrès à Rio de Janeiro (Brésil), ont déploré samedi que ces carburants d’origine non fossile restent beaucoup trop rares. Ils sont également trop chers pour permettre une décarbonation viable du transport aérien.
Comme le rappellent nos confrères de Déplacements Pros, la production mondiale de SAF devrait atteindre environ 2,4 millions de tonnes cette année, selon un communiqué officiel de l’IATA. Ce volume ne représente que 0,8% de la consommation totale de carburant de l’aviation, « pour un surcoût de 4,3 milliards de dollars supporté par les seules compagnies aériennes », précise l’organisation professionnelle.
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