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« Les perspectives pour l’automne-hiver sont mauvaises », selon J.-P. Mas (Entreprises du Voyage)

Pour le président des EdV, les aides au secteur doivent être maintenues. A commencer par celles accordées aux entreprises les plus impactées par la crise.

L’Echo touristique : L’été avait bien démarré, mais la reprise s’est essoufflée. Quel est le bilan global de l’été pour les entreprises du voyage ?

Jean-Pierre Mas (président des Entreprises du Voyage) : Nous étions partis au mois de juin sur une phase de reprise d’activité, avec un plan de sortie de crise et des aides devant s’amenuiser au fil du temps. La réalité, c’est que nous sommes restés englués dans la crise. Nous constatons une baisse des réservations de l’ordre de 35% sur l’été. Cette moyenne masque de fortes disparités selon les secteurs, les opérateurs et leur positionnement. Certaines entreprises affichent -80% par rapport à l’été 2019, quand d’autres sont à l’étale. Celles qui sont spécialistes des Dom-Tom ou de l’Asie sont particulièrement affectées. Les acteurs du voyage d’affaires ont une activité en retrait de 50%. Nous avons l’espoir pour eux d’une lente reprise sur l’automne, qui sera centrée sur le domestique et l’Europe.

Les départs du mois de septembre sont en chute de -53% par rapport à septembre 2019.

Quelles sont les perspectives sur l’automne ?

Jean-Pierre Mas : Les perspectives sur l’automne-hiver sont mauvaises. En date d’aujourd’hui, les départs du mois de septembre sont en chute de -53% par rapport à septembre 2019. Les voyageurs n’arrivent pas à se projeter et hésitent à voyager en dehors de la France. Le passage du Maroc en rouge, après celui de la Tunisie, la situation sanitaire dans les départements d’Outre-mer et le fait que la France soit classée parmi les pays à très haut risque de la part des Etats-Unis créent un climat d’inquiétudes. Nous n’avons pas de visibilité. Notre secteur n’est pas en phase de sortie de crise. Il reste difficile de circuler dans le monde. Nous sommes cantonnés à la France et à l’Europe. Le pass sanitaire impacte l’activité des hôtels et restaurants, mais autrement moins que la quasi impossibilité de se déplacer à l’étranger.

Selon Didier Arino que nous avons interrogé, la France a connu un bel été. Les agences en ont-elles un peu profité, compte tenu de leurs efforts pour mieux vendre la destination ?

Jean-Pierre Mas : Oui et non. Les agences ont augmenté leurs ventes de séjours en France, ce qui leur a permis de limiter les dégâts. Mais l’activité globale demeure en forte baisse.

Nous attendons dès la fin août un retour par rapport à nos quatre demandes d’aides.

Compte tenu de ce contexte de crise persistante, quelles sont les aides que le gouvernement doit maintenir, selon vous ? Avez-vous d’ailleurs obtenu de nouvelles aides pendant l’été ?

Jean-Pierre Mas : Nous n’avons pas obtenu de nouvelles aides pendant l’été. Conformément au calendrier prévu, la situation de chaque secteur sera revue le 30 août, pas avant. Nous avons récemment argumenté des demandes auprès de Bercy et du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour expliquer la situation du secteur et ses disparités. Nos demandes, étayées par des éléments économiques, sont : le maintien du fonds de solidarité, calculé sur la perte du chiffre d’affaires, avec comme en juin une prise en charge de 40% du montant de la perte ; l’exonération des charges sociales pour faciliter le retour à l’emploi ; la poursuite de la prise en charge de l’activité partielle non pas jusqu’à fin octobre mais jusqu’à fin décembre, sans reste à charge, pour les entreprises qui perdent 80% de leur chiffre d’affaires ; la levée du plafond des aides de 1,8 million d’euros par entreprise – sachant que la Commission européenne a émis un avis favorable pour sortir, de l’assiette de calcul des aides, les sommes correspondant à l’exonération et au report de charges. Nous attendons dès la fin août un retour par rapport à ces quatre demandes. Les pouvoirs publics doivent continuer à soutenir le secteur, il ne faut pas le lâcher. Les aides étaient importantes de décembre à mai, elles ont diminué de juin à août. Il faut revenir à un bon niveau d’aides, en les conditionnant aux niveaux de perte de chiffre d’affaires, jusqu’en décembre. 

Certaines agences souhaiteraient que les tests PCR exigés par certaines destinations, et payants pour les citoyens français à compter du mois d’octobre, restent gratuits pour les personnes vaccinées par exemple. Pensez-vous porter ce type de requête ?

Jean-Pierre Mas : Non. Ne nous discréditons pas avec ce genre de demande. Il n’est pas concevable que le gouvernement finance des tests PCR pour des Français qui vont partir à l’étranger alors que ces tests seront payants pour ceux restant en France. C’est comme si nous demandions la prise en charge des passeports pour les citoyens qui se rendent au Royaume-Uni…

« La relance crée de la trésorerie dans les agences, ce qui permettra de rembourser les avoirs », souligniez-vous avant l’été. La saison n’ayant pas livré toutes ces promesses, faut-il craindre des difficultés de remboursement des avoirs ?

Jean-Pierre Mas : Cela va être un peu plus compliqué que prévu pour les entreprises qui ont consommé la trésorerie des avoirs. Mais nous n’avons reçu aucune alerte : aucun adhérent ne nous a fait part de son incapacité à rembourser les avoirs. Et le gouvernement a mis en place des prêts complémentaires pour faciliter ce remboursement.

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