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Jean-Pierre Mas (EdV) : « La faillite de Thomas Cook, c’est la fin des dinosaures avec un petit cerveau ! »

« Faillite de Thomas Cook : fin d’un modèle ? » Tel était le sujet du débat organisé jeudi matin sur le salon IFTM-Top Resa, qui a opposé plusieurs pros.

Jean-Pierre Mas, président des EdV, toujours friand de bonnes formules, a comparé la faillite de Thomas Cook en Grande-Bretagne à « la fin des dinosaures avec un petit cerveau », tout en fustigeant la grosse responsabilité des dirigeants britanniques. « Réaliser des pertes de 1,7 milliard de Livres au premier trimestre 2019 et passer dans les comptes un écart d’acquisition 20 ans après le rachat de My Travel, cela ne se fait pas ! », a-t-il lancé,  en reconnaissant que le modèle d’intégration verticale, tel qu’il existait au 20e siècle, n’est plus d’actualité. « Il faut réinventer le modèle et redonner de la valeur ajoutée aux intermédiaires, qu’ils soient tour-opérateurs ou distributeurs. On ne peut pas faire cohabiter d’un côté les influenceurs et les réseaux sociaux, et de l’autre, les dinosaures ».

Pour Olivier Kervella, président de NG Travel, la défaillance du groupe britannique sonne également le glas du modèle intégré, avec une prise de risque énorme sur l’aérien. « Les nouveaux acteurs sont agiles, s’engagent moins tout en proposant plus de destinations, et des dates de départ plus souples », s’est-il félicité. Une stratégie défendue par Guillaume Linton, directeur général d’Asia : « Nous proposons 40 destinations, sans engagement aérien, et en cas de problème, nous pouvons vite déplacer les allotements, ce qui est plus compliqué pour un groupe intégré généraliste comme Thomas Cook ».

Déséquilibre de la trésorerie

René-Marc Chikli, président du Seto, a mis l’accent sur la différence entre le marché français et britannique : « Les TO français se sont ré-adaptés depuis 2009, la preuve en est que Thomas Cook France ne ressemble pas à Thomas Cook en Angleterre, et que les agences françaises vont peut-être trouver preneurs ». Mais, selon lui, la faillite du groupe met en lumière le déséquilibre de la trésorerie sur le marché hexagonal, dominé par la distribution : « Il faudra mettre en place des garanties à destination auprès des hôteliers, et faire preuve de solidarité. On ne peut plus garder le même modèle de flux financier, typiquement français ». Guillaume Linton a renchéri : « En tant que TO de taille moyenne sur l’Asie, nous nous battons face aux TO indiens et chinois, capables de payer les hôteliers dès la réservation. Le paiement des stocks devra se faire plus tôt que maintenant », a-t-il préconisé. Un changement que Laurent Abitbol, patron des réseaux Selectour et Havas Voyages, n’est pas prêt à accepter : « Le modèle est bon en France, les acomptes clients sont sécurisés chez les distributeurs. Chez Selectour, il n’y a pas eu de dégât financier, seulement la galère pour reprotéger les clients chez d’autres TO que Jet tours ». Le débat ne fait que commencer…

 

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