On est partis de bon matin à bicyclette, avec la chanson d’Yves Montand dans la tête. Cap sur les routes côtières de Guernesey, vers le nord, au départ de Saint Peter Port. Après le passage obligé dans une zone industrielle très busy, la route devient agréable balançant en permanence entre rivages et villages. D’un hameau de cottages de granit à l’autre, il est possible de faire son marché en roulant ! A Bordeaux, un particulier vend sur le muret de son jardin des tomates cerises. A l’acheteur de verser son obole, dans une boîte prévue à cet effet. En butinant les étals croisés sur la route, nous aurions pu remplir notre panier de pommes de terre, d’aubergines, de géraniums et de livres… sans rencontrer âme qui vive. Quelques tours de pédales plus loin, voici les Landes, puis une ruette tranquille réservée aux piétons et cyclistes. Une halte s’impose à Pembroke Bay : sous le soleil, des jeunes se baignent, dans des eaux à 12°C ! Perros-Guirec semble pointer à l’horizon. Histoire de rappeller que les îles anglo-normandes se sont détachées du plateau armoricain vers 9 000 ans avant notre ère. La côte de granit rose s’illumine, avec ses bateaux de pêcheurs assoupis. En revanche, il plane une ambiance estivale en ce mois d’avril, sur les 27 plages de Guernesey… comme sur les routes. Mieux vaut prendre la tangente, à l’intérieur des terres. La route est vallonnée mais la circulation fluide. A Kings Hill, des maisons en granit rose posent devant l’Eternel. Puis voici la champêtre Talbot Valley. Les poumons s’emplissent d’air pur. Vive les deux-roues, qui ont ici à leur portée 150 km de pistes.
%%HORSTEXTE:1%%