Hôtellerie : les pertes d’emploi des chefs d’entreprise bondissent de 31,4% au premier semestre 2026
Selon le dernier Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de GSC et Altares, l’hébergement est l’un des secteurs où la situation des entrepreneurs s’est le plus dégradée depuis le début de l’année.
Le chiffre interpelle. Au total, 33 341 entrepreneurs ont perdu leur emploi au premier semestre 2026, soit une hausse de près de 7% sur un an. Parmi eux, 5 057 chefs d’entreprise de l’hébergement, de la restauration et des débits de boisson ont été concernés, soit une progression de 10,4% par rapport au premier semestre 2025.
La restauration concentre encore environ 80% des situations recensées dans cet ensemble. Mais c’est l’hébergement qui connaît la plus forte dégradation, avec une hausse de 31,4% des pertes d’emploi de dirigeants sur un an.
Des trésoreries toujours sous pression
Cette situation s’explique notamment par les difficultés financières accumulées depuis la crise sanitaire. Après avoir bénéficié des Prêts garantis par l’État, des reports de charges et des aides publiques, de nombreux établissements doivent désormais rembourser leurs dettes, alors que leurs marges restent sous pression.
Énergie, salaires, matières premières, assurances ou encore maintenance continuent de peser sur les coûts, tandis que la consommation des ménages reste prudente. La forte saisonnalité de l’hébergement accentue également cette fragilité. Une météo défavorable, des mouvements sociaux, un ralentissement du tourisme d’affaires ou une fréquentation inférieure aux attentes peuvent rapidement peser sur les recettes. Pour un établissement déjà sous tension financière, une saison moins dynamique peut ainsi suffire à faire basculer ses comptes.
Le constat est préoccupant. Tous secteurs confondus, plus de 180 chefs d’entreprise se sont retrouvés sans activité chaque jour au premier semestre 2026, indiquent GSC et Altares.
Des tensions qui varient selon les territoires
Les pertes d’emploi des dirigeants progressent dans la plupart des régions, avec des hausses particulièrement marquées dans les Hauts-de-France (+11%), en Nouvelle-Aquitaine (+9,6%) et en Auvergne-Rhône-Alpes (+8,6%). L’Île-de-France concentre à elle seule près d’un quart des situations recensées, avec 7 860 entrepreneurs concernés (+5,8%). À l’inverse, la progression est plus contenue en Paca (+3,2%), dans le Centre-Val de Loire (+2,5%), le Grand Est (+1,8%) et surtout en Normandie (+0,9%).
Autre enseignement de l’Observatoire, les difficultés ne concernent plus seulement les jeunes entreprises ou les entrepreneurs les moins expérimentés. Les dirigeants de PME de plus de 50 salariés voient leurs pertes d’emploi progresser de près de 52%.
Au premier semestre, les entrepreneurs concernés exerçaient leur fonction depuis près de dix ans en moyenne. Cette ancienneté atteint même près de vingt ans pour les dirigeants de PME de plus de 20 salariés.
Un contraste avec l’emploi salarié
La situation des dirigeants contraste avec celle de l’emploi salarié. Selon les derniers chiffres de l’Insee, publiés ce jour, 23 500 emplois salariés ont été détruits au deuxième trimestre 2026, soit une baisse limitée à 0,1% par rapport au deuxième trimestre 2025. L’emploi salarié privé recule de 24 300 postes (-0,1 %), tandis que le secteur public reste stable.
Sur un an, le tableau est toutefois un peu moins favorable. L’emploi salarié total recule de 0,3%, et l’emploi privé de 0,4%. Soit un sixième trimestre consécutif de baisse sur un an. L’emploi intérimaire poursuit également son recul, avec une baisse de 1% au deuxième trimestre.