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Franck Gervais (Pierre & Vacances) : « on a recréé de l’emploi là où il n’y en avait pas »

Intervenant lors d’une table ronde organisée par l’Alliance France Tourisme, Franck Gervais a évoqué la revalorisation d’anciens bassins industriels ou de terrains militaires en sites touristiques pourvoyeurs d’emplois.

Intervenant lors d’une table ronde consacrée au rôle des politiques publiques locales dans la structuration de l’offre touristique, le dirigeant est venu rappeler que le tourisme constitue un levier essentiel de transformation territoriale.

« S’il ne faut pas tout attendre du national, ni tout reverser au local », pour le patron de Pierre & Vacances Center-Parcs, c’est à l’échelle des territoires que se joue l’avenir du tourisme français.

« Il faut une vraie vision locale, car le tourisme, c’est aussi de l’aménagement du territoire, de l’emploi, de la transition écologique et de l’impact économique », a-t-il déclaré lors d’un colloque organisé au Palais du Luxembourg par Alliance France Tourisme.

Revalorisation de sites à l’abandon

Franck Gervais a évoqué la revalorisation d’anciens bassins industriels ou de terrains militaires, souvent laissés à l’abandon, qui peuvent devenir des gisements d’emplois grâce à des projets touristiques structurants. À condition bien sûr qu’une volonté politique soit clairement affirmée.

Egalement présent lors de cette table ronde, Alexis Gardy, PDG du groupe Belambra, défend lui aussi une stratégie fondée sur la requalification d’anciens sites. Un enjeu capital face à la rareté du foncier et à l’enjeu écologique. « Une des clés, c’est la capacité à restructurer des friches touristiques, avec le soutien des investisseurs et des pouvoirs publics », affirme-t-il.

Il cite en exemple l’ouverture récente d’un Club Belambra aux Deux Alpes. « Nous l’avons recomposé à partir d’un ancien hôtel, d’une copropriété vieillissante, d’une piscine municipale désaffectée et d’un centre commercial des années 80 ». Un projet ambitieux qui a mobilisé « beaucoup d’énergie pour convaincre les acteurs locaux et les investisseurs ».

Si l’on en croit les différents interlocuteurs présents, les friches sont nombreuses, héritées d’un tourisme de masse des années 60 à 80, parfois en déclin ou à l’abandon.

Limiter l’impact environnemental

Le modèle Center Parcs illustre bien cette ambition. À chaque implantation, le groupe privilégie les zones déjà artificialisées, limitant ainsi l’impact environnemental. « On évite de faire des choses qui abîment, on évite de se planter, on évite de dépenser trop d’argent et on montre une image vertueuse du tourisme », explique Franck Gervais.

Concernant l’emploi, le dirigeant insiste sur la capacité du tourisme à générer des postes durables et de proximité. Il évoque l’exemple du Center Parcs des Landes de Gascogne, où « près de 100 % des embauches ont été locales », avec une part importante de retours à l’emploi. Il revendique une approche sociale forte. « Quand on arrive quelque part, on dit, près de 100 % des embauches se feront localement », explique-t-il. Et de dire « qu’on a recréé de l’emploi là où il n’y en avait pas ».

« Dix ans pour faire un Center Parc, un truc de dingue »

L’implantation d’un Center Parcs peut générer jusqu’à 500 emplois locaux, de la phase de construction à l’ouverture. Mais les délais de réalisation sont très longs : « Environ dix ans aujourd’hui », regrette Franck Gervais. En effet trop de projets piétinent, freinés, voire stoppés par la lourdeur administrative ou par l’opposition de riverains.

« Dix ans aujourd’hui pour faire un Center Parc, c ‘est un truc de dingue », a lancé Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. « On ne peut pas rester la première destination mondiale en empêchant les projets d’aboutir », appuie Vanguélis Panayotis, directeur général du cabinet MKG Consulting. Selon lui, « il faut simplifier les procédures, flécher les aides européennes, accélérer les délais, tout en maintenant les exigences environnementales ».

Le tourisme local, « 60% des nuitées en France, et 40% de l’impact économique »

Souvent sous-estimé dans les stratégies d’investissement, le tourisme local ne doit pas être opposé au tourisme international. « Le tourisme local, c’est 60% des nuitées en France, 40% de l’impact économique, et seulement 20% de l’empreinte environnementale », précise Franck Gervais.

« Faire voyager les Français à 200, 300, 400 kilomètres de chez eux, c’est magnifique. On recrée du lien, du vivre ensemble, on suscite la curiosité », ajoute-t-il.

Il reconnait cependant que « construire et exploiter un site touristique a un impact. Mais sans impact, on ne fait rien ». Ardent défenseur du tourisme local, le directeur général du groupe Pierre & Vacances estime qu’il « ne faut pas avoir la main qui tremble lorsqu’on choisit la localisation ».

« Avoir des flux touristiques, ce n’est pas un mal. D’autant qu’on peut les réguler dans le temps et selon les destinations. Tout en générant des bénéfices durables pour les territoires. On a tout en main pour réussir », conclut Franck Gervais.

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