Abandonné par la SNCF, le train de nuit Paris-Berlin finalement relancé
Bonne nouvelle pour les adeptes du train de nuit. Il sera de nouveau possible de voyager de nuit entre Paris et Berlin en 2026, promet la coopérative ferroviaire belgo-néerlandaise European Sleeper.
European Sleeper prévoit de démarrer l’exploitation de la ligne entre les capitales française et allemande le 26 mars 2026, révèle le quotidien Le Monde. Les réservations doivent pour leur part démarrer le 16 décembre prochain.
Trois allers-retours hebdomadaires
La coopérative ferroviaire belgo-néerlandaise compte en effet profiter du retrait opéré par la SNCF, et programmer à son tour trois allers-retours hebdomadaires. Et ce, depuis la gare du Nord, avec escales dans les Hauts-de-France, à Bruxelles et à Hambourg.
Le collectif d’usagers « Oui au train de nuit » salue la renaissance du train de nuit Paris-Berlin, dont la pétition a recueilli 91 000 signatures.
Paris-Vienne reste à quai
Mais l’organisme regrette que « l’avenir du Paris-Vienne reste en suspens ». « C’est aujourd’hui l’unique liaison ferroviaire directe entre la France et l’Autriche », ajoute-t-il. En l’absence de train de nuit, la plupart des voyageurs risquent donc de se reporter sur l’avion, bien plus polluant. »
Pour le Réseau Action Climat, la reprise du train de nuit Paris-Berlin par European Sleeper constitue « une excellente nouvelle ». Toutefois, l’essor des trains de nuit ne peut pas reposer uniquement sur des acteurs privés », estime Alexis Chailloux, son responsable Transports. Et d’ajouter : « Nous attendons donc que le Parlement français vote des crédits suffisants pour déployer un réseau ambitieux de trains de nuit, en France et en Europe… à commencer par le maintien de la ligne Paris-Vienne”.
ÖBB et SNCF Voyageurs ont jeté l’éponge
Relancées en 2021, puis en 2023, les lignes de nuit Berlin-Paris et Vienne-Paris incarnaient la renaissance des trains de nuit en Europe.
Or au mois de septembre, la compagnie autrichienne ÖBB et SNCF Voyageurs ont annoncé la mise à l’arrêt de ces rames NightJet transfrontalières, dès le 14 décembre 2025. En cause : l’arrêt par le gouvernement français d’une subvention « indispensable pour assurer sa viabilité économique », soit entre 5 et 10 millions d’euros par an pour les deux routes.
Néanmoins, la SNCF poursuit l’exploitation des TGV entre Paris et la capitale allemande, en huit heures.
Priorité française au maintien des lignes intérieures nationales
Selon le ministère des Transports, la décision d’arrêter la subvention « s’inscrivait dans le cadre de la préparation du budget souhaité par François Bayrou ». Le ministère a opté pour laisser la priorité « au maintien des lignes intérieures nationales. »
Si ces lignes connaissaient un certain succès, avec un taux d’occupation de 70% en 2024 selon la SNCF, elles ne sont pas « viables économiquement sans subvention de l’Etat », justifie la compagnie dans un communiqué. Et de compléter : « l’exploitation des trains de nuit est en effet un énorme défi économique ».
