Trains de nuit : de nouvelles rames françaises prévues dès 2029
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a présenté au Sénat un plan de modernisation des lignes intérieures. Huit lignes sont concernées.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan de modernisation du matériel roulant et d’ouverture à la concurrence. « Ces nouvelles rames remplaceront le matériel vieillissant sur les lignes de trains de nuit françaises », a déclaré Philippe Tabarot devant une commission du Sénat. Il s’agit des lignes Paris-Briançon, Paris-Nice, Paris-Cerbère, Paris-Toulouse, Paris-Latour-de-Carol, Paris-Tarbes, Paris-Aurillac et Paris-Rodez.
L’Etat a lancé en février un appel d’offres, toujours en cours, pour 180 rames et 27 locomotives, avec des tranches optionnelles. Le montant de la tranche ferme, de près d’un milliard d’euros, est prévu au projet de budget pour 2026 en discussion.
Concentrer les moyens avec un budget contraint
« C’est la preuve que l’État ne se désengage pas du train de nuit, bien au contraire », a commenté le ministre. « On sait qu’on a besoin de nouveau matériel. (…). Nous avons fait ce choix, dans un contexte budgétaire contraint, de concentrer nos moyens sur le financement des lignes intérieures essentielles à la desserte de nos territoires », a-t-il ajouté.
L’exploitation de ces huit lignes sera ensuite ouverte à la concurrence, comme le reste du réseau. Cette démarche répond à la loi qui prévoit un calendrier de lancement d’appels d’offres entre 2022 et 2031. SNCF Voyageurs a rappelé ces informations lors des Rencontres nationales du transport public (RNTP), qui se tiennent jusqu’à aujourd’hui à Orléans.
Un premier lot attribué à SNCF Voyageurs
Pour les lignes de trains de nuit, le calendrier prévisionnel table pour l’instant sur une attribution « fin 2028 » après appel à candidature des exploitants désireux de se lancer, et un début d’exploitation par l’organisation qui aura présenté le meilleur dossier prévu « en décembre 2030 », a indiqué une source de SNCF Voyageurs à l’AFP à Orléans.
Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des lignes dites « d’équilibre du territoire » (qui comprennent les trains non grande vitesse Intercités et trains de nuit notamment), un premier lot de lignes (Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux), a déjà été attribué à SNCF Voyageurs en janvier 2025, face aux candidatures malheureuses de l’espagnol Renfe et de la société Le Train lors d’un appel d’offres.
Coup d’arrêt sur les lignes internationales
Philippe Tabarot a par ailleurs détaillé son projet de calendrier pour l’adoption de la future loi-cadre. Cette loi doit flécher le financement des infrastructures ferroviaires. « Consultations et les RIM (réunions interministérielles, NDLR) dans le courant du mois de novembre. Finalisation et conseil des ministres dans le mois de décembre, présentation au Parlement, prioritairement au Sénat, en janvier ou février 2026, en tout cas, c’est mon objectif », a-t-il dit.
Cette loi-cadre, annoncée en juillet et confirmée par le Premier ministre mi-octobre, sera suivie d’une loi de programmation pluriannuelle. Celle-ci constituera le socle de la politique de transports pour les décennies à venir.
Parallèlement, certaines lignes internationales de trains de nuit connaissent un coup d’arrêt. La compagnie autrichienne ÖBB et SNCF Voyageurs ont annoncé la mise à l’arrêt, à compter du 14 décembre, des lignes Paris-Berlin et Paris-Vienne, faute de subventions, freinant temporairement l’essor des trains de nuit européens.