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TUI France : le « pire plan social de son histoire » selon les syndicats

Après le deuxième CSE extraordinaire organisé par TUI France, les représentants du personnel dénoncent un plan « au ras des pâquerettes », qui ne laisse aucune place à la négociation.

La direction de TUI France a présenté, lors d’un deuxième CSE extraordinaire en une semaine, « le pire plan social de son histoire », selon les syndicats CGT et FO du groupe. Pour rappel, le voyagiste envisage de supprimer jusqu’à 583 postes, sur ses 904 salariés. Soit deux emplois sur trois supprimés… et des indemnités « au ras des pâquerettes », selon les syndicats.

Les emplois doivent être supprimés en tenant compte des fermetures ou transformations en franchises des agences, auxquels il faut ajouter 20 postes de directeurs dont le contrat est modifié et qui pourraient ne pas accepter les nouvelles conditions, a indiqué Lazare Razkallah, secrétaire CGT du CSE. Il s’agit pour l’essentiel de licenciements « secs » car le groupe ne propose pas de conditions attractives pour des départs volontaires, selon lui. Il ne propose pas non plus d’indemnité supra-légale pour les licenciements, et les délais des congés de reclassement sont calculés au plus juste, s’insurge-t-il.

Des « mesures spécifiques » pour accompagner les départs

Pour Jorge Partida, délégué syndical central FO, « ils veulent aller très vite et ne laissent aucune place à la négociation. Tout est au ras des pâquerettes. » « Il s’agit pour l’essentiel de licenciements subis. La direction a laissé une petite semaine pour voir s’il y a des départs volontaires » ajoute-t-il. TUI France précise cependant que la période de départs volontaires durera en fait 10 jours, et sera déclenchée dès la mise en œuvre du plan, soit dans 4 mois. « Ceux qui veulent se porter volontaires au départ dès maintenant, par exemple parce qu’ils auraient déjà retrouvé un emploi, peuvent le faire et bénéficier de leurs indemnités de licenciement dans 4 mois », précise la direction.

Selon un communiqué publié par la direction, « une première phase de départs volontaires pourrait avoir lieu fin novembre puis serait suivie par la période des départs contraints. Ces départs seront accompagnés de mesures spécifiques qui ont été présentées aux représentants du personnel et constituent une base pour le dialogue social qui va se poursuivre pendant plusieurs mois jusqu’en octobre ». « Des mesures d’accompagnement pour aider les créateurs d’entreprise, les reconversions professionnelles, les mobilités » ont été étudiées. « Il est prévu de proposer au CSE de recourir à un cabinet de reclassement pour accompagner les salariés dans leur recherche d’emploi », précise la direction de TUI France.

Des entraves au processus de consultation ?

FO et la CGT dénoncent également des « entraves au processus de consultation du CSE », avec la communication aux salariés de documents confidentiels qui n’ont pas été soumis au CSE. Ce dont la direction de TUI France se défend. « Il n’y a eu aucune entrave au processus, puisque les documents « Livre 1 » et « Livre 2″ ont été remis au CSE, dès la première réunion d’information le 17 juin. Par ailleurs, la première communication auprès des salariés a été faite après le CSE ».

Pour rappel, la maison mère de TUI France, basée à Hanovre en Allemagne, propriétaires de marques Marmara, Lookéa, Nouvelles Frontières, prévoit de supprimer 8 000 postes dans le monde, sur 70 000 salariés, suite à la pandémie de Covid-19. En France, TUI a perdu 115 millions d’euros en 2019.

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