Travel Europe serre la bride de Visit Europe
Après un exercice 2009-2010 catastrophique, le tour-opérateur français est repris en main par son actionnaire autrichien, qui le réorganise.
Anton et Helmut Gschwentner, les deux fondateurs du groupe autrichien Travel Europe, maison mère de Visit Europe, n’y vont pas par quatre chemins : la situation du tour-opérateur racheté en avril 2009 est « catastrophique », avec une perte nette de 500 000 E (hors volcan islandais et inondations à Madère) pour l’exercice clos le 31 octobre 2010 et un chiffre d’affaires de 22 ME, en chute libre par rapport à l’exercice précédent (-20 %). « Cela ne met pas en danger le groupe Travel Europe, largement bénéficiaire en 2010 et en progression de 19 %, mais ça fait mal et il fallait réagir vite, dès le début de la saison d’été », commente Anton Gschwentner, qui impute en grande partie à un management défaillant ces mauvaises performances. « L’entreprise était déjà en difficultés lorsque nous l’avons reprise il y a presque deux ans », reconnaît-il.
BONS CADRES ET SALARIÉS COMPÉTENTS
« Nous avons fait confiance à Corrine Le Cam, recrutée en 2009 comme directrice générale pour la redresser, poursuit-il. Aujourd’hui le constat est sans appel : elle n’a pas tenu compte de nos alertes, d’où la décision rapide de nous séparer d’elle. Nous négocions son départ. Et je reprends les commandes en direct. » Anton Gschwentner va s’installer à Paris et s’appuiera sur une équipe réorganisée. « Nous avons de bons cadres, reconnaît-il, et des salariés très compétents. Il faut les remotiver ». Martine Grasser, jusque-là directrice commerciale groupes Travel Europe prend donc la direction commerciale des deux marques groupes et individuels. « Nous avons déjà injecté beaucoup d’argent dans l’entreprise, environ 4 ME, note Helmut Gschwentner. Nous allons continuer avec notamment un nouveau système informatique, qui devrait être opérationnel en 2012 et nous permettre d’être plus efficace en BtoB et BtoC. » Prudents, les frères Gschwentner n’avancent pas de date pour le retour à la rentabilité : 2011 devrait, au mieux, « permettre de se stabiliser ».
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