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Tourismophobie : 4 pros décryptent et donnent des solutions

Changement de mode de transport, investissements utiles aux habitants, étalement des flux : différentes pistes ont été évoquées lors de la conférence sur la tourismophobie à l’IFTM.

 

@ Catalina Cueto

Jean-François Martins, en charge du tourisme à la mairie de Paris : « Le tourisme est clairement une opportunité de développement, mais il doit être encadré. Attention à ne pas confondre la tourismophobie, qui est une perception négative du tourisme, et le sur-tourisme qui marque un déséquilibre entre l’offre et la demande. Lorsque l’économie touristique prime sur l’économie domestique, il faut être coercitif. Par exemple, à Paris, les locations via Airbnb ne devraient être possibles que pour les habitations principales. Il ne faut pas laisser les appartements résidentiels se transformer en logements touristiques en permanence. Cela enlève le charme d’un quartier en faisant disparaître les commerces de proximité. C’est contre-productif ».

Jean-Pierre Nadir, fondateur d’Easyvoyage : « Tous les touristes ne sont pas sur un pied d’égalité. Sur les 2 milliards de touristes prévus en 2020, il y a beaucoup de primo-voyageurs qui veulent voir les mêmes sites. Ce phénomène est difficile à endiguer. On ne peut pas empêcher les touristes d’aller sur un site, sous prétexte qu’il est sur-fréquenté. En outre, il faut distinguer le sur-tourisme permanent et saisonnier, qui est plus aisé à supporter car il génère plus d’avantages comme des investissements dans des structures pérennes qui servent à tous les habitants ».

François Siegel, créateur du magazine We Demain : « Certes, le tourisme est un gros pourvoyeur d’emplois, mais les surcapacités sont atteintes et les déchets s’accumulent. La nature se dégrade très rapidement. Peut-on continuer à aller à Barcelone pour 50 euros ? Va-t-on vers la solution de ne plus prendre l’avion ? Quand on voit que les jeunes arrivent à se passer de voiture en ville, ce n’est pas impensable. Pourquoi ne pas développer des hyperloops entre les villes ? c’est une piste ».

Jean-Pierre Pinheiro, directeur de l’office du tourisme du Portugal et président de l’Adonet : « Je pense que les instances touristiques peuvent influer sur des solutions, notamment étaler les flux sur l’année. On doit travailler sur l’incitatif et non pas le punitif, pour désengorger certains sites. Au Portugal, la construction des nouveaux hôtels est décentralisée, afin d’éviter une trop forte concentration à Lisbonne et à Porto ».