A la faveur de nouvelles méthodes de calcul, la France vient de gagner dix milliards d’euros de recettes touristiques supplémentaires pour l’année 2016. Alors que la DGE annonce dans son dernier rapport 38,4 milliards d'euros de recettes liées au tourisme international, la Banque de France estime de son côté que la réalité serait plus proche des 49 milliards. “Des enquêtes plus précises et davantage adaptées aux nouvelles formes de tourisme en France, l’exploitation de données digitales et le rapprochement des chiffres des organismes statistiques officiels étrangers ont fortement modernisé l’outil statistique et permis un chiffrage d’une qualité accrue, permettant de mieux mesurer cette activité”, explique la Banque de France. Pour aboutir à ces nouveaux chiffres, le panel d’enquête a ainsi été considérablement élargi, avec 60 000 questionnaires par an couvrant 190 pays.
L'objectif de 50 milliards d'euros déjà atteint ?
La Banque de France a aussi interrogé davantage de touristes chinois (+45%) ou indiens (+72%) notamment, afin d’obtenir une meilleure représentativité. L’exploitation des données bancaires, mais également de nouveaux modes de mesures avec recours au “Big Data”, en nouant notamment un accord avec un opérateur national de téléphonie mobile, ont aussi permis d’affiner ces résultats. Pour l’année 2017, les estimations se portent à 54 milliards d’euros. Sur cette base, l’objectif des 50 milliards d’euros inscrit dans la feuille de route du gouvernement à l'horizon 2020, avec quelque 100 millions de touristes, serait d’ores et déjà atteint. Ce qui bouleverse aussi le classement des destinations. En s’appuyant sur ces données, la France, première destination mondiale, mais classée seulement cinquième en terme de recettes touristiques par la DGE, retrouve sa troisième place, perdue depuis 2014 dans le classement de la DGE, où elle n'apparaît qu'en cinquième position.
De quoi exacerber un peu plus la compétition entre les destinations. Mais si les retombées sont estimées à la hausse, la nouvelle méthode de calcul ne change rien à l'évolution des recettes, confirme la Banque de France, qui restent à la baisse. Pour 2016, la DGE estime ainsi que la France, première destination mondiale avec 82,6 millions d'arrivées (-2,2%) en 2016 a perdu 5,1% de recettes touristiques.

