Rapport ACI Europe : le trafic passagers se densifie, malgré les tensions géopolitiques
Les aéroports européens ont absorbé un flux supplémentaire de 100 millions de passagers en 2025. Une performance qui confirme la reprise du secteur, tirée principalement par la demande internationale, selon le dernier rapport d’ACI Europe.
L’exercice 2025 confirme la solidité des fondamentaux du transport aérien en Europe. D’après les données consolidées par ACI Europe, les plateformes du Vieux Continent ont vu transiter 2,5 milliards de passagers de plus qu’en 2024 – une progression de 4,9 % sur un an. Plus significatif encore, le volume global dépasse désormais de plus de 6 % les niveaux de référence de 2019.
Contexte géopolitique complexe
Pour l’organisation représentative des aéroports, cette dynamique démontre une capacité d’absorption remarquable face à un contexte adverse. Le rapport souligne en effet que ces résultats ont été obtenus malgré la persistance des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que la stagnation économique en Allemagne. Autant de facteurs qui auraient pu lourdement peser sur la demande.
L’analyse détaillée des chiffres d’ACI Europe met toutefois en lumière une disparité croissante dans la typologie des voyageurs. La croissance repose quasi intégralement sur le segment international, qui affiche une hausse de 5,6%. À l’opposé, le trafic domestique marque le pas, avec une progression limitée à 1,9%. L’instance européenne interprète ce décrochage comme une mutation durable du marché. Les liaisons intérieures subissent de plein fouet l’évolution des comportements, favorisée par des politiques de report modal vers le ferroviaire et une hausse des coûts du transport aérien qui impacte davantage les courtes distances. L’instance dénonce aussi des « fiscalités punitives » qui freineraient la demande.
Londres-Heathrow conserve sa place de numéro un
Au sein de ce paysage en expansion, la hiérarchie des grandes plateformes reste inchangée, même si les dynamiques de croissance varient. Londres-Heathrow (84,48 millions de passagers) conserve son statut de premier aéroport européen en termes de fréquentation. Il devance de peu Istanbul qui, avec 40 000 passagers de moins seulement, voit sa progression ralentie par l’instabilité géopolitique régionale. Paris-Charles de Gaulle (72 millions de voyageurs) complète le podium. Amsterdam-Schiphol (68,8) et Madrid-Barajas (68,1) ferment la marche.
Cependant, ACI Europe relève que ces cinq « majors » enregistrent une croissance moyenne de 2,9%, nettement inférieure à la moyenne du secteur. Une sous-performance relative qui s’explique par des contraintes capacitaires fortes et une exposition moindre à la demande « loisirs » pure. À l’inverse, le rapport pointe la vigueur des aéroports situés dans les destinations touristiques du sud de l’Europe, ainsi que la bonne santé des hubs secondaires et des aéroports régionaux. Ces derniers captent une part croissante du trafic low-cost, profitant d’une agilité supérieure pour répondre aux pics de demande saisonniers.
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