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Après des années difficiles, le groupe Salaün est redevenu rentable

Après plusieurs années pendant lesquelles il a dû faire le dos rond, le groupe Salaün a « repris des couleurs », explique son président, Michel Salaün.

Ébranlé par les conséquences de la crise sanitaire, le groupe Salaün s’est fait discret ces dernières années. « Nous étions silencieux parce qu’il n’y avait rien d’intéressant à dire : il n’y avait quasiment pas d’activité », évacue Michel Salaün, le président du groupe. En 2019, alors en pleine dynamique, le groupe Salaün enregistrait 241 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé. En 2021, au plus fort de la crise, il a plongé à 17 millions d’euros.

« Depuis 2022, nous avons repris des couleurs », se réjouit le dirigeant. À l’issue de l’exercice 2024/2025, le groupe Salaün a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 184 millions d’euros. Surtout, il dégage un résultat net de 5,8 millions d’euros. « C’est une belle rentabilité. C’est encourageant. Et le rôle d’une entreprise consiste à créer de la valeur », ajoute Michel Salaün. Pour y parvenir, l’entreprise a toutefois dû s’adapter à un paysage touristique en pleine recomposition.

Fermeture des agences non rentables mais « réassurance » concernant la vente physique

Entre l’expansion de Leclerc Voyages – « à chaque fois qu’une agence ouvre là où nous sommes implantés, nous souffrons un peu », la montée en puissance de grands groupes (Marietton, Fram…) soutenus par des fonds ou l’émergence de l’intelligence artificielle, le voyagiste s’est réinventé. « Nous avons aussi pris des actions décisives, comme la fermeture des agences qui n’étaient pas rentables », explique Michel Salaün. Le groupe Salaün est ainsi passé de 180 points de ventes en 2020 à 153 agences (dont 12 en Belgique) en 2026.

Mais le retour à la rentabilité va inverser la tendance. Les clients du groupe, âgés de « 55 ans et plus », n’achètent pas en ligne. « Ils ont besoin d’un conseil. Et ça nous réassure sur la pertinence du retail physique », indique Michel Salaün. Une agence vient tout juste d’ouvrir ses portes à Blois. D’autres points de vente devraient ouvrir leurs portes à Rouen, Avignon, Annecy ou encore Le Havre en 2026.

Les États-Unis en forte baisse

Les différentes filiales du groupe (Salaün Holidays, La Boutique des Groupes…) ont aussi dû composer avec la fermeture de certaines destinations majeures, ou le désamour du marché. La Russie, Cuba, Israël, l’Algérie, la Birmanie, la Jordanie, l’Iran, la Roumanie… « tout ça, ça pesait 34 millions d’euros en 2019 », chiffre Michel Salaün. Une nouvelle donne qui a notamment incité le voyagiste à étoffer son offre en Asie en lançant la marque Pagodia.

Et puis, les tendances touristiques impactées par les éléments extérieurs, c’est l’un des paramètres qui font le métier de voyagiste. « Les États-Unis, l’une de nos destinations historiques, sont en recul de 23% en 2025… et de 45%, à date, pour cette année », reconnaît Michel Salaün. « L’effet Trump« , corrélé à une inflation qui commence seulement à se tasser, « est incontestable ». Et les dernières annonces portant sur l’historique des réseaux sociaux des touristes étrangers ne vont pas « rassurer » le marché. « Le nombre de groupes envoyés aux États-Unis a été divisé par 5 par rapport à 2019 », abonde Jean-Michel Caradec, le directeur général de la Boutique des Groupes.

Michel Salaün
Michel Salaün, le 5 janvier 2026. © Florian De Paola

Une future marque dédiée à l’Afrique

Mais les équipes de production du groupe Salaün ont de la ressource. Ainsi, l’offre de Salaün Holidays s’étoffe de 72 nouveaux circuits, notamment en Europe et en Asie. Parmi ces nouveautés : un grand tour des Canaries (5 îles) très rare sur le marché, avec traversées inter-îles en ferry. Après Nordiska, Pouchkine Tours ou encore Hugh !, Salaün Holidays planche également sur un catalogue dédié à l’Afrique, l’un des leviers de croissance du TO.

« Il y a 54 pays en Afrique, dont une quarantaine ouverts au tourisme : il y a beaucoup à faire sur ce continent », justifie Michel Salaün. Le voyagiste travaille même sur un voyage en autocar « de Brest à Dakar, en passant par Paris », sur une trentaine de jours. Comme un clin d’œil aux « voyages du siècle » programmés avant la crise sanitaire entre Brest et Vladivostok (Russie). Et comme un signal qui montre que le groupe peut désormais commencer à desserrer la ceinture.


Salaün renoue avec son activité « Autocars »

Avant d’être un voyagiste majeur, Salaün faisait dans le transport et les voyages en autocar. Une activité historique revendue en 2017… et relancée en 2022, après la faillite de l’entreprise qui l’avait racheté. « À ce moment-là, j’ai récupéré 4 autocars sur les 60 que j’avais vendus », raconte Michel Salaün. « Il n’y avait pas d’acheteurs et, parallèlement, une demande de nos clients pour des voyages en Italie, en Espagne, aux carnavals… Bref, j’ai racheté des autocars », s’amuse le dirigeant. Aujourd’hui, la filiale compte 20 unités, dont 11 parmi les plus récentes développées sur le marché.

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