Nouveau-Brunswick
De Bouctouche à Kouchibougouac
Ben, vous v’la ! Ya beau temps que j’vous espérions icitte au pays sus les côtes de la baie de Bouctouche. C’est ainsi que La Sagouine, une pauvresse à la langue bien pendue, accueille les visiteurs à l’île aux Puces où est installé Le Pays de la Sagouine, un petit village de pêcheurs aux maisons colorées, inspiré de l’univers d’un roman d’Antonine Maillet. Cet écrivain originaire de Bouctouche, prix Goncourt 1979 pour Pélagie la Charrette, est une ambassadrice infatigable de l’Acadie et participe chaque année à l’animation du village. On visite les maisons de Citrouille, Michel-Archange…, on écoute les histoires des Chicaneuses, on apprend à cuisiner les plats d’autrefois à la Tchuisine de Mathilda, on se fait lire les cartes dans la Shack des Clairvoyants, tout ça en musique ! C’est aussi l’occasion d’entendre parler le chiac, un mélange de vieux français du Poitou, d’anglais et de mi’kmaq, la langue des tribus amérindiennes qui vivaient ici lorsque sont arrivés les Acadiens fuyant la déportation de 1755 puis, après l’Indépendance américaine, les Loyalistes anglais. Une visite à Bouctouche ne serait pas complète sans un détour jusqu’à la longue dune façonnée par le vent et les marées où nichent les pluviers siffleurs, une espèce en péril très protégée. Une passerelle de bois serpente le long du sable blanc. On se laisse bercer par le ressac de la mer et le cri des mouettes. A la brunatre (la tombée de la nuit), on se retrouve autour d’une chaudrée, la délicieuse soupe de fruits de mer locale, pour organiser une prochaine balade dans le parc de Kouchibouguac (prononcer Kou-chi-bou-gou-ak), dont les eaux salées sont réputées être les plus chaudes du nord de la Virginie.
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