Un moulin à vent hollandais ! Pourtant, nous sommes bien en Bulgarie. Elevée au rang de joyau de la mer Noire par les guides touristiques, Nessebar prend le visiteur par surprise. L’intrus se dresse fièrement sur l’isthme qui mène à la vieille ville. Klaxons de Lada, impossible de ralentir. Le flux automobile nous conduit jusqu’au parking. Le ticket glissé sous l’essuie-glace, à nous la balade. Nessebar est inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité. Ses premiers habitants furent les Thraces, 3 000 ans avant notre ère. Mais les principaux vestiges datent de l’occupation grecque. Malgré la fréquentation annoncée, on circule en solitaire dans ce labyrinthe pavé. Le soleil caresse les façades en bois des maisons de pêcheurs. Il est midi. Aux terrasses de la corniche, on sert les premières grillades de la journée. L’heure de toquer au carreau de la gardienne de Svéti Stefan, l’église aux fresques du xve siècle, en cours de restauration. On se laisse facilement happer par le flot d’échoppes à touristes. Au milieu d’un amas de poterie, on chasse le trésor : un briquet en forme de kalachnikov, un bataillon de soldats miniatures, une caisse de vodka moscovite… Mais le secret le mieux gardé de Nessebar se trouve dans l’église de l’Assomption : une mystérieuse icône de Vierge noire datée du xiiie siècle et inconnue de la plupart des touristes. Heureusement ! La vieille et pieuse gardienne du temple en avalerait sa croix de bois !
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