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M.-J. Malé (Air Austral) : « La situation est difficile, mais pas inquiétante »

Suite aux doutes que nous avions émis au sujet de la santé d’Air Austral, Marie-Joseph Malé, PDG d’Air Austral, a réagi et répondu à nos questions.

L’Echo touristique : Air Austral est-elle en difficulté ?

Marie-Joseph Malé : La situation est extrêmement compliquée pour l’ensemble des transporteurs aériens. Je dirai que l’on ne s’en sort ni plus mal ni mieux que la majorité des compagnies. En ce qui concerne les élections, effectivement il y a un changement de mandature… Huguette Bello devient la nouvelle présidente de Région, succédant à Didier Robert. Elle a été un très grand soutien à Gérard Ethève (ancien président d’Air Austral, ndlr). Je pense que, dans la continuité, nous bénéficierons de son soutien envers notre compagnie réunionnaise. Les modalités devront nécessairement être revues puisque chacun a sa personnalité, mais nous ne sommes pas dans la politique. Je n’ai jamais eu d’appartenance, que ce soit avant ou maintenant, et je tiens à le dire assez clairement.

Ce n’est pas un plan social.

En ce qui concerne le financement des avions, tout va bien ?

Marie-Joseph Malé : Tout à fait. L’organisme de crédit export canadien a souhaité avoir des garanties supplémentaires, ce qui a conduit à des reports. Je pense qu’il est aujourd’hui complètement rassuré. Le financement est bétonné. Trois avions vont être remplacés par trois A220. 

La compagnie ne fait elle pas face à un turn-over important ?

Marie-Joseph Malé : Comme d’autres compagnies, nous avons décidé de signer un accord de performance collective et de rupture conventionnelle collective. Tout cela a été mis en œuvre dès le mois de mai 2020. Nous avons réussi à baisser globalement la masse salariale de près de 10%, mais nous ne nous en sommes pas vantés. Dans ce cadre-là, des personnes d’expérience ont décidé de nous quitter pour tenter d’autres types d’aventures. Ce n’est pas un plan social. Il n’y a donc pas d’inquiétude réelle à avoir sur la santé financière. Nous ne sommes pas du tout à deux doigts du dépôt de bilan. Tout le monde a réaffirmé son soutien, à commencer par la Région, la Caisse des Dépôts – notre actionnaire de référence – et l’Etat français.

Air Austral, même si elle a connu en 2012-2013 une période très difficile, était revenue dans le vert et se porte correctement. Là on est en train d’essayer de se projeter sur ce que pourrait être le plan de sortie, une restructuration financière de plus grande envergure.

Suite aux élections, notamment, votre poste est-il mis en cause ?

Marie-Joseph Malé : Il faudrait poser la question à mes actionnaires [rires]. Je resterai si j’ai la confiance de mes actionnaires et si j’ai suffisamment de marge de manœuvre.

Même si je n’ai pas encore vu la présidente depuis qu’elle est nommée, au travers des échanges de sms, il me semble que la confiance sera renouvelée.

Les accords avec Air Madagascar, sur lesquels vous vous êtes fait avoir, c’est terminé ?

Marie-Joseph Malé : Tout à fait, on est sorti de l’accord. Je suis rentré sans mettre un sou, je suis sorti sans y laisser un sou.

Air France, Corsair, Air Caraïbes arrivent sur vos territoires. Comment le percevez-vous ?

Marie-Joseph Malé : On assiste à un durcissement de la concurrence, Air France a une stratégie beaucoup plus expansionniste. Avec en plus French Bee et Corsair, nous sommes dans une situation de surcapacité avec une demande qui, pour le moment, reste structurellement faible. Ceux qui affirment que la demande sera bientôt au niveau de 2019 se trompent. Au mois de juin, nous étions toujours à -58% au niveau du trafic arrivée/départ, de/vers La Réunion par rapport à juin 2019. C’est mieux que l’an dernier mais…

On essaie d’éviter le bain de sang.

On a assisté l’année dernière, au mois de septembre-octobre, à une guerre tarifaire absurde. On essaie d’éviter le bain de sang cette année. J’espère que les uns et les autres vont faire preuve d’un sens de responsabilité face à une situation de marché qui montre bien qu’on ne va pas retrouver les souffles pré-Covid. Nous avons exploité 3 ou 4 fréquences au mois de juin par semaine, contre onze en temps normal. 

N’êtes-vous pas un peu optimiste ?

Marie-Joseph Malé : Je ne suis pas toujours optimiste. Alerter sur la surcapacité d’Air France, je pense l’avoir fait très tôt.  On attend de voir.

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