Les clients n’ont pas encore le billet vert
Si la majorité des clients interrogés se déclarent spontanément favorables au tourisme vert, la chanson est différente au moment d’ouvrir le portefeuille.
Loin de vouloir tout rapporter aux gros sous, la mode (louable) du tourisme durable a tout de même une limite financière. Car qui est prêt à payer plus pour des programmes verts ? Une enquête d’Atout France en 2009 sur « La place du tourisme durable auprès des Français » indique que si 88 % trouvent la démarche intéressante seulement 4 % disent avoir acheté une offre relevant du tourisme durable ou responsable. 60 % perçoivent le caractère durable comme un « plus », à valeur égale de prestation, mais seulement 10 % considèrent que c’est un élément de choix à intégrer dans les critères essentiels. Bref, des intentions à l’acte, il y a du chemin. Les voyagistes de l’ATES (Association pour le tourisme équitable et solidaire) ont néanmoins fait partir 20 000 voyageurs en cinq ans, qui ont permis de financer pour 1 ME de projets de développement.
Ces petites structures proposent des offres pointues, authentiques, mais qui restent méconnues car incompatibles avec la distribution industrielle. Les grands TO ont pris en marche le train et présentent tous, à des degrés variables d’engagement, des produits vertueux. Mais il s’agit le plus souvent de « touches vertes » ajoutées à des programmes classiques afin de satisfaire la bonne conscience des clients sans exploser le sacro-saint budget. Au global, les initiatives restent à la marge, et à la charge du TO, ainsi le partenariat entre SOS Village d’Enfants et le groupe Transat : pour tout séjour d’une famille dans un club Lookea, 1 E est reversé au village soutenu en Tunisie, et pour chaque personne inscrite sur un circuit Vietnam, 10 E sont versés au village local.
