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L’édito de Dominique Gobert : quand le salaire devient un argument électoral

Reprise économique ? Il semble que la réponse soit oui. Reprise politique et surtout ouverture de la campagne électorale ? Encore plus. Et, pour une fois, le secteur du tourisme est totalement impliqué dans les nouveaux enjeux politiques.

C’est Madame Borne, notre ministre du Travail qui aura lancé le « jeu » si l’on peut s’exprimer ainsi. Il est certain – depuis longtemps – que le secteur de l’hôtellerie/restauration n’arrive pas à combler son déficit en termes de « main d’œuvre ». De même d’ailleurs que dans le domaine notamment des agences de voyages où le déficit en masse salariale reste important. Laurent Abitbol (groupe Marietton) par exemple, pour l’avoir eu au téléphone cette semaine, cherche à cors et à cris à embaucher des collaborateurs.

Questions de déficience en termes de salaires ?

Certes, mais pas que…

Et Elisabeth Borne, vraisemblablement en prévision des prochaines échéances électorales, veut aller au plus simple. Pour elle, les hôtels et les restaurants doivent « se remettre en question ». En quelque sorte, si les restaurateurs et autres hôteliers, mais également de nombreuses entreprises de tourisme, n’arrivent pas à recruter, c’est « de la faute de ces entreprises ». Et il faut que ces employeurs « se posent la question de pourquoi ils n’arrivent pas à recruter ».

=> A lire à ce sujetHôtellerie-restauration : pour Elisabeth Borne, les rémunérations ne sont « pas à la hauteur »

Dominique Gobert, éditorialiste

Et la ministre d’ajouter « J’attends qu’ils mettent des propositions sur la table », d’autant que « les aides de l’Etat durant la crise ont été conséquentes envers le secteur ».

Traduction qui me revient, je parle couramment « le ministre en campagne », « on vous a aidés, faut maintenant renvoyer l’ascenseur ».

Mon camarade Héguy, Roland, encore un de mes basques préférés, est tout à fait conscient du problème, c’est même, pour l’UMIH, un « dossier primordial ». Seulement, faut quand même pas tout confondre et surtout, faire de la récupération facile. Bien sûr que les salaires ne sont pas terribles pour un métier contraignant, difficile, exigeant. Mais, les professionnels ne me contrediront pas, les marges sont réduites, particulièrement après quelque 18 mois d’arrêt total ou quasi-total.

Et la dépense salariale pour la plupart des établissements représente au minimum 40% du chiffre d’affaires…

Malheureusement, Madame Borne (sans vouloir les dépasser, désolé je ne peux pas m’empêcher), n’entend pas proposer certaines compensations, fiscales notamment, comme le réclament les professionnels. C’est là que le bât blesse, mais il est vrai qu’il est nettement plus facile de dire « augmentez vos salariés », ce qui va séduire bien évidemment la masse électorale, que de dire « on va vous soutenir afin d’augmenter le pouvoir d’achat et les conditions de travail de vos collaborateurs ».

Cynique, me direz-vous ? Non, lucide. Tiens, dans le même ordre d’idées, alors que les syndicats de policiers réclament à coups de matraques depuis longtemps, la gratuité des transports pour se rendre au boulot, d’un seul coup, c’est accordé. A condition, bien sûr, qu’ils soient armés lors de leurs déplacements et qu’ils aillent faire un salut amical au chef de train.

Même pour leurs vacances, ils auront droit au billet gratuit, sans doute avec leur petite (ou grande) famille. En revanche, s’il faut emporter son colt dans les bagages avec les jouets du petit dernier, ça craint en peu, n’est-il pas ?

Mais cela étant ceci, ça fait quelques bulletins de vote à venir…

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