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L’édito de Dominique Gobert : et un ministre du Tourisme, bordel ?

Nous y avons cru. C’est raté… ou presque. Président Macron, sans doute davantage préoccupé de garder son job en 2022, s’est offert un petit balayage ministériel, au mépris des attentes de certains acteurs clés de l’économie… dont le secteur du tourisme.

Et pourtant. Cette crise sanitaire, totalement surréaliste, a soudain mis en exergue l’importance et la valeur économique du marché du tourisme en France. A tel point que ce sont des centaines de millions qui ont été « investis » afin de tenter de préserver ce secteur.

Jusqu’à présent, nous avions, pour gérer ce marché, institué, faut-il le rappeler en « priorité nationale » (mais faut-il vraiment le croire ?) un secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, rattaché au Quai d’Orsay. Il a fait le job durant la crise. Il l’a bien fait, même s’il a fallu batailler ferme et mouiller sa chemise (à carreaux), face à un Bercy pas totalement ouvert et enthousiaste. Il aura fallu déployer de grands talents de persuasion pour réussir à faire promulguer cette fameuse ordonnance sur les « avoirs », évitant ainsi aux voyagistes, agents de voyages l’écueil d’une faillite inéluctable.

Et ce n’est pas fini, ne nous leurrons pas, la crise sanitaire n’est hélas pas terminée.

Président Macron a décidé d’ouvrir un « nouveau chemin ». D’accord.

Dominique Gobert, éditorialiste

Naïvement, de très nombreux professionnels du tourisme en France pensaient que, lors de ce ravalement ministériel, un ministre du tourisme, à part entière, allait enfin être instauré. Et que Lemoyne, parfaitement au courant de tous les dossiers, que ce soit pour le tourisme « incoming » en France que pour les voyagistes « exportant » nos concitoyens vers les destinations étrangères, pouvait parfaitement occuper le poste.

Même Roseline, Madame vaccins, a été nommée ministre entière. Au moins, avec elle, on va rigoler, ce qui nous fera du bien.

Faut-il encore le répéter, le tourisme représente pas loin de 8% du PIB français ? Même si ce PIB a pris ces derniers temps une sacrée claque dans la tronche…

Ben non. Pour le moment, Lemoyne risque de retrouver son fauteuil de sénateur de l’Yonne, à moins que, dans un sursaut de conscience, président Macron et son ministre Premier, Jean Castex, ne lui redonnent un secrétariat…

Mais on pourrait comprendre une certaine amertume de la part de Lemoyne.

C’était quand même une priorité de nommer un ministre à part entière, directement rattaché à Matignon. Ben non, pas pour le tourisme…

En revanche, pour le transport, y’a maintenant un « vrai » ministre, délégué auprès du Premier d’entre eux. Faut dire que celui qui a été nommé, Jean-Baptiste Djebbari, un ancien pilote d’Air France (a-t-il été adhérent du SNPL ? Je ne sais pas) n’a pas, durant cette crise, particulièrement brillé devant le désarroi de nos compagnies aériennes françaises. Il s’est même montré plutôt discret dans la tempête. Comme quoi, moins on en fait, plus on est récompensé ?

Pourtant, maintenant, il va falloir « gérer » la suite. Notamment, cette ordonnance sur les avoirs, que Bruxelles et les associations de consommateurs jugent insupportables. Il va falloir aussi gérer la situation de ces milliers de petites entreprises du tourisme qui ne sont pas sorties de leurs difficultés. Et la situation économique de l’APST ? Lemoyne avait pris le problème à bras le corps et semblait bien décidé à trouver une solution…

D’accord, Lemoyne est en train de payer sa candidature, vite abandonnée aux municipales de Biarritz. Président Macron aurait-il la rancune tenace ? Si gouverner c’est faire avancer un pays en tenant compte de ses pulsions, tout ceci ne me parait pas très raisonnable !

Dommage.

A lire : Les éditos et interviews de Dominique Gobert

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