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Le prix du pétrole plombe encore l’aérien

Malgré un léger repli ces derniers jours, l’ambiance spéculative à la hausse inquiète les compagnies.

Il y a quelques jours, la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) lançait un nouvel appel au gouvernement français, pour alléger les charges aéronautiques qui pèsent sur ses compagnies membres, à un moment où les cours mondiaux du pétrole grèvent lourdement les comptes des transporteurs. La part moyenne de coût de ce poste est passée, en quelques mois, de 14 à 20 % des comptes d’exploitation des transporteurs, rappelle ainsi la Fnam.

Une hausse des surcharges appliquée à l’unanimité

Il est vrai que, même s’il a perdu quelques dollars, le prix du baril de pétrole se maintient toujours au-dessus des 50 dollars à New York, après avoir atteint des pics historiques le 4 avril dernier, à 58,28 dollars à New York et 57,65 dollars à Londres. Depuis, une nouvelle vague de hausses de surcharges pétrolières secoue le transport aérien mondial. Résultat : British Airways, Virgin Atlantic, TAP Portugal, Air Luxor, Portugalia, Sri Lankan et Qantas ont toutes décidé de sauter à nouveau le pas. Et Air France va suivre le mouvement, après avoir déjà augmenté sa surcharge pour le fret.

Le problème est que, même quand les cours connaissent un répit, tout nouvel événement pouvant avoir une incidence sur le prix du baril est toujours mal interprété. L’humeur du marché est telle que même lorsque rien d’inquiétant ne se passe, les opérateurs sont à la recherche de quelque chose de préoccupant, explique un analyste financier. Une sale ambiance, confortée par une étude récente de la banque Goldman Sachs, qui évoque la possibilité d’un envol des cours à plus de 100 dollars le baril. Et quand les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) annoncent qu’ils vont augmenter leur production à 500 000 barils par jour, certains spécialistes s’inquiètent, cette fois, de voir le cartel atteindre la limite haute de sa production, et ainsi de se retrouver démuni en cas de grosses perturbations !

Un deuxième coup dur pour les clients

Les prix élevés du baril, répercutés par les compagnies aériennes sur le prix du billet, ne pouvaient pas plus mal tomber, alors que les clients doivent, depuis le 1er avril, payer des frais de services, en remplacement des commissions aériennes autrefois versées par les transporteurs. Une nouvelle hausse de la surcharge pétrolière pourrait donc être mal perçue par les clients, d’autant que la mesure provisoire est en train de devenir permanente. Air France continue quant à elle de dire qu’elle supprimera sa surcharge pétrolière quand le prix du baril sera repassé sous la barre de 35 dollars. Un jour peut-être…

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