Le groupe IAG prévoit des profits « inférieurs » en raison de la guerre au Moyen-Orient
Le groupe met malgré tout en avant une forte demande pour son réseau et ses marques.
Le groupe IAG, maison mère de British Airways et d’Iberia, a vu son bénéfice s’envoler au premier trimestre. Toutefois, il prévient que l’impact de la guerre au Moyen-Orient, qui gonfle les prix du kérosène, se traduira par des profits annuels « inférieurs à ce que nous avions initialement anticipé ».
« Le premier trimestre a été relativement peu affecté par le conflit » mais « nous nous attendons à ce qu’il ait un impact plus important sur le reste de l’année, à mesure que la hausse du coût du carburant se fait sentir », a précisé le groupe dans un communiqué.
Bénéfice net en hausse de 71%
IAG, qui a déjà fixé par contrat le prix de 70% de ses besoins en carburant pour l’année, chiffre la hausse de sa facture annuelle de kérosène à environ deux milliards d’euros – une augmentation de plus du quart. Mais « nous nous attendons à récupérer environ 60% de ce surcoût grâce aux mesures de gestion des revenus et des coûts que nous mettons en place », a assuré son directeur général, Luis Gallego, lors d’une conférence de presse téléphonique.
Le groupe, qui détient aussi les compagnies Vueling et Aer Lingus, a pourtant vu son bénéfice net s’envoler de 71% à 301 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année. Son chiffre d’affaires a quant à lui progressé de presque 2% à 7,2 milliards d’euros. Il met en avant « une forte demande pour (son) réseau et (ses) marques » et a aussi bénéficié sur la période d’une réduction de ses coûts.
Kérosène : peu de risque de pénurie
La guerre contre l’Iran, lancée fin février par les Etats-Unis et Israël, a entraîné en réaction le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, provoquant une chute brutale de l’approvisionnement et une flambée des prix du pétrole, qui touche particulièrement le secteur aérien. Si IAG avait vu son bénéfice annuel progresser de presque un quart en 2025, à 3,3 milliards d’euros, grâce notamment à une baisse de sa facture de carburant, le prix du kérosène a plus que doublé dans les semaines qui ont suivi le début des attaques contre l’Iran.
Concernant le risque d’éventuelles pénuries, en revanche, le groupe assure ne constater actuellement aucun problème d’approvisionnement. « Il y a moins de kérosène provenant du Moyen-Orient. Mais il existe d’autres régions avec des approvisionnements records, par exemple les États-Unis. Et il s’agit d’une chaîne d’approvisionnement mondiale », explique M. Gallego.
Capacité de vol redéployée
Mais si le conflit dure, « il existe un risque de restrictions des approvisionnements » prévient IAG, qui dit discuter avec les gouvernements des pays où il est basé (Royaume-Uni, Espagne, Irlande) et avec l’Union européenne (UE) « afin de veiller à ce que le secteur bénéficie du soutien nécessaire ».
Le groupe précise qu’environ 3% de sa capacité était exposée à la région du Golfe avant le début du conflit, principalement opérée par British Airways, qui avait annoncé suspendre plusieurs routes vers la région. Les destinations concernées sont « les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Israël, la Jordanie et Chypre », précise IAG vendredi.
Mais une grande partie de ces vols « a été redéployée », en ajoutant des avions « sur les lignes où l’offre de sièges est désormais réduite en raison d’un nombre moins important de vols opérés par les compagnies du Golfe » comme par exemple « Bangkok, Singapour et Malé », la capitale des Maldives.
IAG « mieux placée » que ses concurrents pour faire face aux défis actuels
Pour le reste de l’année, la compagnie espère profiter du déplacement de la demande en renforçant ses vols, notamment vers les Caraïbes et le Sri Lanka, pour continuer à faire progresser un peu sa capacité. Le cours de l’action d’IAG reculait de 2,35% vendredi matin peu après 8H00 GMT.
« IAG reste en bonne position. Nous pensons qu’elle est nettement mieux placée que la plupart de ses concurrentes pour faire face aux défis actuels du marché, grâce à son orientation vers une clientèle plus premium », selon Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown.
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