En 2025, IAG fait deux fois plus de bénéfices qu’Air France-KLM
Avec un chiffre d’affaires équivalent, le groupe IAG réalise deux fois plus de bénéfices que le groupe Air France-KLM. Décryptage.
IAG, la maison mère de British Airways et Iberia, enregistre 3,3 milliards d’euros de bénéfice à l’issue de l’exercice 2025 (+22%). Le groupe aérien justifie notamment cette croissance marquée par « une baisse de sa facture carburant », qui s’élève à 525 millions d’euros sur l’année.
Le chiffre d’affaires est lui en légère hausse (+3,5%), à 33,2 milliards d’euros. Il est donc à peine supérieur à celui dévoilé par le groupe Air France-KLM (33 milliards d’euros), il y a quelques jours, lors de la présentation des résultats financiers pour l’exercice 2024/2025. Le groupement franco-néerlandais, lui, n’a déclaré « que » 1,75 milliard d’euros de bénéfices : un record pour Air France-KLM. Mais, à activité égale, IAG fait presque deux fois mieux.
Amsterdam-Schiphol, le deuxième aéroport le plus cher d’Europe
L’écart de performances a plusieurs explications. D’abord, British Airways et surtout Iberia récoltent les fruits de restructurations profondes menées il y a une douzaine d’années. Air France-KLM porte un modèle social plus gourmand. Les coûts salariaux et sociaux français figurent parmi les plus élevés d’Europe.
KLM, de son côté, doit composer avec les charges aéroportuaires très élevées de Schiphol, l’un des hubs les plus chers du continent. En 2025, la hausse des tarifs à l’aéroport d’Amsterdam (+41%) a ainsi causé un surcoût de 100 millions d’euros à la compagnie néerlandaise. Sans compter les pertes de revenus suite au report de ces hausses sur les prix des billets d’avion.
Air France-KLM traîne par ailleurs les résultats négatifs de Transavia (-52 millions d’euros en 2025). IAG, de son côté, exploite Vueling et Level, deux compagnies low cost aux opérations rentables.
Des raisons structurelles et non conjoncturelles
Reste la question de la dette. Là encore, IAG (6 milliards d’euros) fait mieux qu’Air France-KLM (8,4 milliards d’euros). Avec, mécaniquement, des charges financières plus élevées qui viennent, elles aussi, alourdir le bilan du groupe franco-néerlandais. Les multiples raisons qui expliquent l’écart de performances entre les deux groupes sont donc structurelles et non conjoncturelles, Air France-KLM ayant bénéficié du même contexte favorable qu’IAG concernant les charges liées au carburant (baisse du prix du baril, affaiblissement du dollar…).
Dans les mois qui viennent, les deux géants du ciel européen vont poursuivre leur bras de fer au-delà des seules routes aériennes. IAG et Air France-KLM, tout comme Lufthansa, sont en effet intéressés par la reprise de TAP Air Portugal, la compagnie nationale du Portugal, que le pays veut privatiser à 49,9%. Avec, en ligne de mire, la perspective d’accéder à un marché en plein expansion, l’Amérique du Sud, et notamment les dynamiques routes vers le Brésil.
