Le Portugal lance officiellement la privatisation de TAP Air Portugal
Le cahier des charges concernant la privatisation de la compagnie nationale portugaise a été dévoilé. Air France, Lufthansa et IAG restent sur les rangs.
Le gouvernement portugais a lancé concrètement le processus de privatisation de TAP Air Portugal en adoptant, vendredi 5 septembre, le cahier des charges de l’opération. Lisbonne prévoit de céder jusqu’à 49,9% du capital de la compagnie aérienne nationale à un acteur déjà implanté dans le secteur, est-il détaillé dans un communiqué de presse gouvernemental.
Le processus sera réservé exclusivement à des groupes aériens ayant généré plus de cinq milliards d’euros de chiffre d’affaires au cours d’au moins une des trois dernières années. Les trois géants européens – Air France-KLM, Lufthansa et IAG (British Airways et Iberia) – ont déjà manifesté leur intérêt.
Huit mois de procédure
La procédure se déroulera sur environ huit mois et comportera plusieurs étapes : une pré-qualification, la remise des offres, puis d’éventuelles négociations avant une décision finale du conseil des ministres.
Les propositions seront examinées non seulement sur leur solidité financière et opérationnelle, mais également à l’aune des engagements sociaux et de la stratégie de développement des liaisons de TAP. Les dessertes vers les archipels portugais (Açores et Madère), les pays lusophones et les régions comptant une forte communauté portugaise constitueront des critères clés.
Le gouvernement a également indiqué que 5% du capital mis en vente seront réservés en priorité aux salariés de TAP.
Une compagnie en pleine restructuration
Renationalisée en urgence en 2020 pour affronter la crise liée à la pandémie de Covid-19, TAP avait bénéficié d’un soutien public de 3,2 milliards d’euros, assorti d’un ambitieux plan de restructuration planifié jusqu’à fin 2025. La privatisation vise désormais à consolider son avenir et à retrouver la confiance des marchés.
« Nous souhaitons récupérer les montants investis par l’État et maintenir les lignes stratégiques », a souligné Miguel Pinto Luz, ministre des Infrastructures, dans le communiqué.
