La Roumanie dans la cour des grands
L’entrée dans l’Union européenne et la nomination de Sibiu comme capitale européenne de la culture devraient booster le tourisme roumain. Mais gare à la hausse des prix.
Depuis le 1er janvier, la Roumanie fait partie de l’Union européenne. C’est le début d’une nouvelle ère pour l’ancienne dictature communiste, qui veut en finir avec les clichés sur les enfants des rues, les chiens errants et la corruption. Le Sommet de la francophonie, en septembre, a déjà contribué à redorer l’image du pays. Nous n’avons jamais eu autant d’articles positifs dans la presse, témoigne Cristina Gheaus, directrice de l’Office de tourisme à Paris. Et le nombre de touristes français en Roumanie (114 920 en 2005) a progressé de 11 % sur les neuf premiers mois de 2006. Les projecteurs seront doublemenent braqués sur la destination cette année puisque la ville transylvanienne de Sibiu est capitale européenne de la culture, avec Luxembourg. L’Office de tourisme soutiendra cet événement, avec une campagne d’affichage en mars.
Les TO accompagnent timidement ce réveil médiatique. C’est Touristra, spécialiste des groupes, qui fera le plus grand pas en avant, en ouvrant un Club 3000 à la place de l’ancien Club Med, sur les bords de la mer Noire. Situé à Mamaia, à 5 km de Constanta (prononcez Constanza), le Club 3000 Fati proposera dès le 11 mai 233 chambres, avec une formule en pension complète et animations françaises. Il sera revendu aux individuels par Austro Pauli, Club Vacances Modernes (ex-Quatre Saisons Loisirs) et Hora Voyages. Un vol charter hebdomadaire de Paris assurera sa desserte.
Club Vacances Modernes programme quant à lui la région de Constanta depuis 28 ans. Actuellement, la côte roumaine de la mer Noire est surtout réputée pour la thalasso. Le club 3000 Fati permettra de développer un autre tourisme, familial et balnéaire, affirme Gilles Patassi, DG du TO, qui aura des allotements dans ce club. De son côté, Nouvelles Frontières proposera des week-ends à Sibiu. Au-delà, quelques circuits visitant Bucarest et les Carpates (la route des monastères et leurs fresques extérieures) apparaissent ici et là. Mais aucun voyagiste ne s’attend à une explosion de la demande cette année. La plupart, comme Fram, attendent 2008.
L’offre hôtelière n’est pas en reste. Accor, présent avec cinq hôtels, compte ouvrir 20 000 chambres d’ici 2010. Et la desserte aérienne se montre de plus en plus concurrentielle. La low cost roumaine Blue Air opère deux rotations par semaine de Beauvais. La compagnie privée Carpatair assure des vols de Roissy vers les grandes villes roumaines (via Timisoara). Et, bien sûr, le transporteur national Tarom assure cinq vols par jour, en partage de codes avec Air France.
Des infrastructures financées par l’Europe
L’entrée dans l’Union permettra à la Roumanie d’améliorer ses infrastructures. 5 milliards d’euros de fonds communautaires versés d’ici 2013 seront consacrés notamment à la construction d’une autoroute entre Brasov (Centre) et Arad (Ouest), et à la modernisation de la ligne ferroviaire entre Curtici (Ouest) et Constanta (Est).
Reste qu’elle aura aussi un impact sur les prix. L’arrivée dans l’Europe des autres pays de l’Est (Hongrie, Pologne, pays baltes…) s’est traduite par une hausse des prix de 25 à 30 %. Nous espérons qu’elle sera limitée à 15 % chez nous, précise Cristina Gheaus. La clientèle croit toujours, à tort, que les pays de l’Est sont bon marché, explique Frédérique Diat, chef de produit chez CGTT Voyages, qui programme des circuits culturels sur mesure. De plus, nous devrons désormais payer la TVA sur nos marges, comme l’impose la loi européenne, conclut Gilles Patassi, chez Club Vacances Modernes.