Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

La Pologne cherche sa place

« Avec son entrée dans l’espace Schengen, la Pologne tend vers un tourisme thématique sur le marché français. Les TO misent sur le « à la carte » pour séduire des clients tentés de se débrouiller seuls. »

Depuis son entrée dans l’Union européenne en 2004, puis dans l’espace Schengen en décembre dernier (permettant aux ressortissants européens de se déplacer en toute liberté et sans passeport dans le pays), la Pologne pousse son tourisme pour le mettre au niveau des autres pays européens, notamment la Hongrie ou la République tchèque. La destination a attiré 15,7 millions de visiteurs internationaux en 2006 (+3,3 % par rapport à 2005), dont 229 919 visiteurs français (+4,7 %). Mais une partie est issue de l’immigration. Les vrais touristes sont encore trop peu nombreux.

Il est vrai que ce pays d’Europe centrale est proposé en France pour l’essentiel par des tour-opérateurs spécialisés. Des voyagistes qui sont de surcroît désormais confrontés à la concurrence des low cost, qui poussent les clients à se débrouiller seuls et à réserver en ligne. En octobre, Transavia, la filiale d’Air France a par exemple lancé Orly-Cracovie, tandis que le transporteur à bas coûts norvégien Norwegian a ouvert Orly-Varsovie. Plus au nord, l’aéroport de Lille/Lesquin proposera deux vols hebdomadaires vers Cracovie fin mars, alors que l’offre vers Varsovie passera à quatre rotations par semaine.

Une nature à mettre en avant

La Pologne a de réels atouts pout se faire une place sur l’échiquier touristique. A l’image de Cracovie, ancienne ville royale à l’architecture gothique et Renaissance, anachronique et romantique, elle est une destination historique et culturelle. Elle entend également mieux vendre sa nature, notamment ses paysages (mer baltique au Nord, montagnes au Sud et campagne, lacs et forêts).

Et grâce aux bonnes relations passées, les Français bénéficient d’une image favorable et d’une hospitalité de qualité. La destination se vend bien en courts séjours, à Varsovie et Cracovie toute l’année, confirme Bartolomiej Walas, directeur de l’OT à Paris, et plus ponctuellement en circuit d’avril à septembre. Les départs au moment des fêtes de fin d’année sont également en progression, les TO profitant de la mode pour les marchés de Noël. Marsans proposait par exemple un séjour à Cracovie de 4 jours pour le dernier réveillon.

Toutefois, face à la concurrence des low cost, les TO n’ont d’autre choix que de défricher de nouveaux territoires pour mettre en avant leur valeur ajoutée. Ils privilégient donc de plus en plus les circuits à la carte et les voyages à thème pour séduire une nouvelle clientèle. C’est ainsi que plusieurs personnalités du pays, de Copernic à Jean Paul II en passant par Chopin, font l’objet de voyages thématiques. Inexco, qui ne programme la Pologne que depuis l’été dernier, décline par exemple des séjours pour découvrir les mines de sel, les camps de concentration ou encore la ville natale de Chopin, confie Frédérique Diat-Misiara, chef de produit.

Reste à la Pologne, pour jouer dans la cour des grands, à améliorer de réels points faibles, comme le mauvais état général des routes, le manque de capacité hôtelière et surtout, une image toujours ternie par l’héritage de la seconde guerre mondiale et des chantiers navals. Il reste beaucoup d’efforts à faire en termes de communication pour lui donner une véritable âme. En 2012, le pays accueillera le Championnat d’Europe de football et une exposition internationale, sur le thème de la Culture du temps libre dans les économies du monde. Deux occasions de régler ces désagréments une bonne fois pour toute, et de conférer à la destination une image résolument dynamique.

%%HORSTEXTE:1%%

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique