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Vol direct, IFTM et festival de cinéma : l’Alberta veut vendre un autre Canada au marché français

Pour une destination canadienne, il est difficile d’exister dans l’ombre du Québec, la région préférée des Français au Canada. Entretien avec Marie-Hélène Rathé, Business Development Manager pour Travel Alberta, et Amélie Cocheteux, qui représente la destination en France.

Bien plus à l’ouest que le Québec, aux pieds des Rocheuses, l’Alberta capitalise sur une identité totalement différente et des paysages spectaculaires pour attirer la curiosité des touristes hexagonaux.

L’Écho touristique : L’Alberta est plutôt méconnue du marché français, très majoritairement orienté vers le Québec. Que pouvez-vous nous dire sur cette destination ?

Marie-Hélène Rathé : Nous différencier du Québec, c’est notre défi principal. Et pour y parvenir, nous misons sur l’image. L’une des principales forces touristiques de l’Alberta, ce sont les Rocheuses. Donc nous faisons en sorte que les montagnes apparaissent dans chaque visuel que l’on produit. Il faut savoir jouer avec les clichés. Un patineur sur un lac gelé, c’est un cliché canadien, mais un cliché que les Français veulent vivre. Et ce cliché, on peut le vivre en Alberta. Par ailleurs, c’est une province à la culture 100% Western, et c’est unique au Canada. C’est ce qui nous démarque du Québec, nous sommes le « côté sauvage du Canada », parce que notre nature est spectaculaire, mais aussi parce que nous avons cet état d’esprit un peu rebelle.

À quoi ressemble un voyage en Alberta pour un Français ?

Marie-Hélène Rathé : Les Français séjournent en moyenne 14 jours lorsqu’ils visitent l’Alberta, parce qu’ils entrent ou sortent par Calgary et Vancouver, en Colombie Britannique. Entre nos deux provinces, il y a nos fameuses Rocheuses, la route des Glaciers, les parcs nationaux de Banff et de Jasper… Et, de plus en plus, on voit des Français partir à la découverte de l’est de la province, appelé les Badlands, qui présente un paysage quasiment lunaire avec des antilopes, des serpents à sonnette… Autour de Calgary, il est en fait possible de réaliser trois voyages différents : les Rocheuses à l’Ouest, les Badlands à l’Est et la culture western au Sud.

Pourquoi ciblez-vous le marché français ?

Marie-Hélène Rathé : Nous ciblons les marchés que nous voulons développer en fonction des opportunités. Concernant la France, l’élément déclencheur a été le lancement du vol direct entre Calgary et Paris par WestJet (en 2019, NDLR). Après la crise sanitaire, il a été remis en place jusqu’à devenir, en 2024, une liaison quotidienne. L’année dernière, nous avons enregistré 17 500 nuitées de voyageurs français, pour une capacité annuelle d’environ 24 500 sièges. Cela représente, selon nos calculs, 49 millions de dollars de recettes touristiques. Notre nouvel objectif, c’est donc de franchir les 20 000 nuitées. Et il y a les Français qui visitent l’Alberta sans arriver par l’aéroport. Ce volume est plus difficile à mesurer.

Quel est le profil type du voyageur français en Alberta ?

Marie-Hélène Rathé : Notre cible, ce sont les high value guest, les clients à valeur élevée. Cela ne désigne pas seulement quelqu’un qui va dépenser beaucoup, mais aussi quelqu’un qui a un fort intérêt pour la destination. Nos touristes viennent vraiment pour l’Alberta, pas par défaut. Même s’il y a une réalité économique indéniable. Par exemple, le parc national de Banff est le plus visité de la province. On ne peut plus y construire de nouveaux hébergements, et la demande est forte. Les prix sont donc élevés et, mécaniquement, c’est plutôt une clientèle dite haut de gamme qui vient nous rendre visite.

On compte plus de 360 produits passant par l’Alberta commercialisés sur le marché français

Quelles sont vos actions concrètes sur le marché français ?

Marie-Hélène Rathé : On a une représentante à Paris, Amélie Cocheteux, qui est notre présence permanente sur le marché. Elle gère les formations auprès des agents, les webinaires, les soirées partenaires.

Amélie Cocheteux : Pour la quatrième année, nous serons encore exposants lors de la prochaine édition de l’IFTM. Ca n’est pas anodin, car nous sommes la seule province canadienne à y avoir un stand. C’est un événement immanquable, une vraie opportunité de visibilité pour nous.

Justement, est-ce que l’Alberta est programmée par les voyagistes français ?

Amélie Cocheteux : Cercle des Voyages, Worldia, Nomade Aventure ou encore Comptoir des Voyages font partie des meilleurs ambassadeurs de la province. Ce sont des marques avec des paniers moyens plutôt élevés, ce qui correspond au positionnement de la destination évoqué précédemment. Aujourd’hui, on compte plus de 360 produits passant par l’Alberta commercialisés sur le marché français, pour un prix moyen d’environ 3 550 euros par personne.

Quelles sont vos prochaines opérations de promotion ?

Amélie Cocheteux : Nous sommes partenaires du Banff Mountain Film Festival, un festival de films et de livres de montagne qui partira en tournée mondiale dès l’automne prochain. La tournée, qui marquera l’étape dans 45 pays, commencera le 21 septembre à Grenoble. C’est une façon originale de toucher un public qui n’est pas encore dans une démarche d’achat, mais qui rêve de nos destinations. Et Calgary accueillera, en 2027, la 50e édition de Rendez-vous Canada : c’est un événement majeur pour le tourisme canadien.

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